ALGÉRIE
24/01/2019 13h:41 CET

Les Etats-Unis, le Canada et la France saluent l’auto-proclamation de Juan Guaidó à la tête du Venezuela

Preuve des enjeux mondiaux, notamment ceux énergétiques, de cette dualisation du pourvoir au Venezuela, un major pétro-gazier mondial, le Français Total, a jugé aujourd’hui que l’auto-proclamation de Juan Guaidó en tant que président était « probablement une très bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien ».

ASSOCIATED PRESS

Les Etats-Unis reconnaissent le président vénézuélien autoproclamé hier, Juan Guaidó, en tant que « président par intérim ». C’est ce qu’a indiqué un communiqué de la Maison-Blanche publié peu après l’annonce par ce dernier de sa prise de pouvoir au nom de la volonté populaire, incarnée, d’après lui, par l’Assemblée nationale dont il est issu.


Pour le président américain Donald Trump, qui s’exprimait sur Twittter, cette assemblée « est la seule branche légitime » du système politique vénézuélien, tandis que le successeur d’Hugo Chavez, le président Nicolás Maduro, n’est, lui, qu’un « illégitime » usurpateur entre les mains duquel « les Vénézuéliens souffrent depuis longtemps ».


Nicolas Maduro, en réaction à cette attitude hostile, a déclaré les relations diplomatiques avec les Etats-Unis rompues et accordé aux diplomates américains 72 heures pour quitter le pays.


Pour rappel l’Assemblée nationale, que présidait Juan Guaidó jusqu’à son auto-proclamation à la tête de l’Etat, est, depuis 2015, contrôlée par les anti-chavistes.

 

Intervention militaire US ?

 

Le président américain va encore plus loin. A mots à peine couverts, il n’a pas exclu un appui militaire à son allié vénézuélien, déclarant que « toutes les options sont sur la table » en matière de soutien à ce dernier. Plus explicitement, il s’est engagé à « utiliser toute la puissance économique et diplomatique des Etats-Unis en faveur du rétablissement de la démocratie vénézuélienne ».


Ce ferme soutien US à Juan Guaidó, avec celui, aussi immédiat, du Canada, du Brésil et de la Colombie, constitue un élément important pour l’évolution future de la situation au Venezuela, et ce, d’autant plus que la Maison-Blanche a appelé les Occidentaux à emboîter le pas à son administration.

 

Macron emboîte le pas à Trump, la Russie dénonce « l’usurpateur » Juan Guaidó

 

La France n’a d’ailleurs pas tardé à le faire. Emmanuel Macron a ainsi salué aujourd’hui, dans un tweet, « le courage des centaines de milliers de Vénézuéliens qui marchent pour leur liberté ». En des termes très trumpiens, il a qualifié le pouvoir de Nicolas Maduro d’« illégitime  » affirmant que l’Europe « soutient la restauration de la démocratie » au Venezuela.


Face à cette reconnaissance du nouveau président autoproclamé, Nicolas Maduro compte sur le soutien de l’armée et de larges couches de la population, fidèles à la mémoire d’Hugo Chavez. Au niveau international, il compte un appui de taille, celui de la Russie, qui a fustigé « l’usurpation de pouvoir » par l’opposition anti-chaviste.


Preuve des enjeux mondiaux, notamment ceux énergétiques, de cette dualisation du pourvoir au Venezuela, le Français Total a jugé aujourd’hui que l’auto-proclamation de Juan Guaidó en tant que président était « probablement une très bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien », lequel, a estimé Patrick Pouyanné, le patron de ce major pétro-gazier, souffre de conditions de vie difficiles, notamment « le difficile accès à l’eau, à l’électricité »...