ALGÉRIE
15/08/2019 13h:34 CET

Les Etats-Unis bloquent la libération du pétrolier iranien par Gibraltar

Associated Press

Les Etats-Unis ont demandé jeudi aux autorités de Gibraltar de prolonger l’immobilisation du pétrolier iranien qu’elles retiennent depuis un mois, un coup de théâtre alors que le territoire britannique s’apprêtait à laisser repartir le navire.

Alors qu’un accord entre Londres et Téhéran semblait à portée de main, Washington a déposé dans la nuit de mercredi à jeudi une demande d’entraide judiciaire pour que le navire soit saisi, a expliqué jeudi matin l’avocat du ministère public Joseph Triay devant la Cour suprême du territoire britannique.

« Le ministère américain de la Justice a demandé la saisie du Grace 1 en allégant un certain nombre de motifs qui sont en train d’être examinés», a précisé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar, ajoutant que l’audience était reportée à 16H00 (14H00 GMT).

La Cour devait décider de prolonger ou pas l’immobilisation du pétrolier Grace 1, soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie en violation d’un embargo européen. La fin de l’immobilisation du Grace 1 est pour l’instant fixée au samedi 19 août.

Sans cette demande reçue à 01H30 (23H30 GMT mercredi), « le navire serait reparti», a déclaré le président de la Cour suprême, le juge Anthony Dudley.

Une demande d’entraide judiciaire consiste généralement à demander à un tribunal tel que celui de Gibraltar d’appliquer une décision d’un tribunal étranger, dans ce cas, d’un tribunal américain.

Entretemps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés, a annoncé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar.

Le Grace 1, chargé de 2,1 millions de barils de pétrole, a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et Londres.

Téhéran assure que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accuse le Royaume-Uni de «piraterie», réclamant depuis le début que les Britanniques le laissent repartir.

L’immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en ont découlé ont brouillé les efforts des Etats européens qui tentent de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont les Etats-Unis se sont retirés l’an dernier, imposant de lourdes sanctions à l’iran.