MAROC
20/06/2018 12h:21 CET

Les Etats-Unis annoncent leur retrait du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis quittent cette institution onusienne.

ANDREW CABALLERO-REYNOLDS via Getty Images

ONU - Les Etats-Unis ont claqué la porte mardi 19 juin du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a indiqué qu’il regrettait le retrait des Etats-Unis mardi du Conseil des droits de l’Homme que Washington avait qualifié de “repaire de partis pris”. 

En annonçant cette décision depuis Washington, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait également taxé le CDH d’organisation “hypocrite” qui “sert ses propres intérêts (et) qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie”. Cette dernière a également accusé l’institution “de parti pris contre Israël”.

“Avec des membres comme la Chine, Cuba, la République démocratique du Congo et le Venezuela, le Conseil des droits de l’homme ne vaut pas son nom.”

Elle a, toutefois, assuré que cette décision “n’est pas un retrait de nos engagements pour les droits de l’Homme”.

Une décision qui intervient alors que les Etats-Unis sont vivement critiqués par les autorités onusiennes pour leur politique de séparation des enfants migrants de leurs parents à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

Du côté de l’organisation internationale, le porte-parole Stéphane Dujarric a affirmé dans un communiqué qu’il “aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l’Homme”.

L’architecture des droits de l’Homme de l’ONU “joue un rôle très important dans la promotion et la protection des droits humains dans le monde”, a-t-il ajouté.

Un conseil “fort et dynamique”

“La communauté internationale est appelée à maintenir un Conseil des droits de l’Homme fort et dynamique en tant qu’organe central des Nations unies pour le 21ème siècle”, a affirmé de son côté son président Vojislav Suc.

L’ONG Human Rights Watch a aussitôt estimé que la décision de Washington “va mettre le pays en marge des initiatives mondiales cruciales pour défendre les droits de l’homme”.

 “Le retrait des États-Unis du conseil des droits de l’homme est une auto-défaite.”

Nikki Haley avait appelé en 2017 à une profonde réforme de l’organe principal du système onusien en matière de droits de l’homme. Depuis l’arrivée au pouvoir du président républicain Donald Trump, les États-Unis se sont retirés de l’Unesco, ont coupé plusieurs financements à des organes de l’ONU et ont annoncé leur retrait de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Cependant, comme le rappelle l’AFP, le départ des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme “n’est pas une première. Il y a douze ans, l’administration du républicain George W. Bush avait déjà boycotté le CDH, avant que le démocrate Barack Obama ne décide d’y faire participer son pays à nouveau”.