MAROC
09/05/2019 15h:29 CET

Les enseignants "Cellule 9" entament leur troisième semaine de grève à Rabat

Les 5 syndicats du secteur ont adressé, hier, une lettre au ministre de l'Éducation nationale l'appelant à réagir "positivement".

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CONFLIT SOCIAL - À Rabat, en combinaisons orange et les mains liées, ils devancent une foule d’hommes et de femmes portant des blouses blanches et brandissant une pancarte sur laquelle est écrit: “Cellule 9”. C’est le nom que se donnent ces enseignants qui se disent représenter “le Guantanamo de l’enseignement” du Maroc, sous le hashtag (#الزنزانة_9_كوانتانامو_التعليم) sur les réseaux sociaux.

“Ils entament leur troisième semaine de grève et depuis le 1er mai, ils sont systématiquement dispersés par la force”, regrette le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), Abderrazak Idrissi. Dans une déclaration au HuffPost Maroc, ce dernier précise que ces grévistes avaient prévu d’organiser des repas “iftar” collectifs pendant leur grève au mois de Ramadan, mais qu’ils ont été “surpris par l’intervention musclée des forces de l’ordre”. Le conseil national de la coordination qui représente cette catégorie d’enseignants indique, dans un communiqué publié sur sa page Facebook, qu’au premier jour de Ramadan, “trois d’entre eux ont été hospitalisés” suite à une intervention au cours de laquelle “des membres du conseil ont été interpellés”.

“Hier aussi, ces grévistes ont été de la même manière empêchés de prendre le repas de la rupture du jeûne pendant leur sit-in devant le siège du ministère de l’Education nationale”, ajoute le SG du FNE. Ce syndicat ainsi que les 4 autres les plus représentatifs du secteur de l’enseignement, CDT, UGTM, UMT et FDT, ont adressé une lettre au ministre de l’Education nationale, Saaid Amzazi. 

Dans celle-ci, les signataires expriment leur indignation quant “aux répressions des manifestations pacifiques” et dénoncent “l’incapacité du gouvernement à trouver une issue équitable et juste à ce dossier”. Et de l’appeler à nouveau à donner une suite favorable à la revendication principale des enseignants “Cellule 9”, unique façon, pour ces syndicats, d’“apaiser la tension”. 

Au sujet de cette revendication, ces enseignants estiment être en droit de bénéficier d’une promotion exceptionnelle leur permettant d’accéder à l’échelle 10. “L’échelle 9 n’est plus admise. Désormais, l’embauche d’enseignants dans la fonction publique de l’Education nationale dispose automatiquement de l’échelle 10 depuis 2012/2013”, affirme le SG de la FNE. Selon ce dernier, le dossier devait être résolu, il y a bien des années. “A l’époque où Mohamed El Ouafa était à la tête du département de l’Education nationale, il était prévu que ce dossier soit résolu en 2014. Mais ce ne fut pas le cas et l’on se retrouve, à présent, dans des écoles, face à cette aberration: des enseignants de l’échelle 9 qui encadrent les nouveaux arrivés, des enseignants de l’échelle 10″, regrette-t-il.

Les enseignants à l’échelle 9 ont le sentiment d’être privés d’un droit légal en se retrouvant comme “enfermés dans une cellule” portant pour numéro leur grade dans la fonction publique. “Ils touchent 4.000 dirhams et moins, par mois. Leur situation sociale et économique laisse à désirer alors qu’ils sont enseignants dans le primaire et le secondaire”, souligne ce syndicaliste soutenant qu’“au cours des dernière années, l’administration a octroyé aux fonctionnaires dont le grade n’est plus admis à profiter automatiquement de la promotion exceptionnelle. C’est ce que ces enseignants revendiquent”. En attendant, ils poursuivent leur grève jusqu’au 11 mai.