MAROC
10/07/2018 12h:06 CET | Actualisé 10/07/2018 12h:08 CET

Les enfants thaïlandais coincés dans la grotte ont réussi à rester calmes grâce à la méditation

Leur coach, Ekapol Chanthawong, a été élevé pendant une décennie dans un monastère bouddhiste, où il a appris à maîtriser la méditation de pleine conscience.

Soe Zeya Tun / Reuters

MÉDITATION - Lorsqu’ils sont découverts lundi 2 juillet après neuf jours coincés dans la grotte inondée de Thuam Luang, les douze enfants thaïlandais et leur coach impressionnent par leur sérénité. La vidéo qui circule dans le monde entier montre la petite troupe plutôt calme, en bonne santé, riant même aux plaisanteries des sauveteurs, certainement soulagés d’être enfin retrouvés.

Mais c’est surtout grâce à leur coach qu’ils n’ont pas cédés à la panique malgré le danger de leur situation, comme l’explique le site américain Vox. À 25 ans, Ekapol Chanthawong a su encadrer les douze enfants durant ces longues semaines, notamment en les entraînant à la méditation de pleine conscience. Le jeune homme a vécu une dizaine d’années dans un monastère bouddhiste de Mae Sai, en Thaïlande, où il a été élevé après avoir perdu ses parents. S’il se destinait à devenir moine, une grande-mère malade le poussera à quitter cette vie, puis à devenir assistant du coach des Moo Pa (les “Sangliers sauvages”, l’équipe de football en question).

Apprendre à conserver ses forces

Toujours en contact avec ses anciens mentors, l’un d’eux confiait au Wall Street Journal voir en Ekapol “un jeune homme responsable qui médite régulièrement”, tandis que sa tante, Tham Chanthawong témoignait de son admiration face à celui qui “peut méditer pendant une heure d’affilé”.

Cette sagesse a probablement aidé le coach et ses douze apprentis footballeurs à garder leur calme, mais aussi à conserver leurs forces malgré le manque de nourriture et d’eau potable. Car les bienfaits de la méditation de pleine conscience ne sont plus à prouver, et l’histoire des Sangliers Sauvages prouve que sa pratique est très utile dans une situation de crise.

De nombreuses études s’accordent sur ce point: citons par exemple une recherche américaine de 2014 qui reconnaissait son importance pour “traiter la dépression, l’anxiété, et la douleur chez l’adulte”, ainsi que la “détresse psychologique” dans une certaine mesure.

Récemment, une étude irlandaise du Trinity College mettait en lumière les capacités de concentration et de calme qu’il est possible de développer en apprenant à maîtriser sa respiration comme lors de la méditation.

Une “force divine” en Thaïlande

Ekapol Chanthawong a beau s’être “excusé” dans une lettre, pour avoir mis les enfants dans une telle situation de danger, il n’en demeure pas moins un héros national en Thaïlande. Lorsque la petite troupe est découverte, les forces de secours officielles remarquent vite qu’Ekapol Chanthawong est le plus faible du groupe, ayant sacrifié ses petites parts de nourriture et d’eau potable pour les donner aux enfants.

“S’il n’était pas allé avec eux, que serait-il arrivé à mes enfants?”, s’est demandé la mère d’un des garçons, interviewée par la chaîne Thaï TV, ajoutant “Mon cher, Ek, jamais je ne te blâmerai”. Un avis qui rejoint celui d’amis proches du coach, comme Auttaporn Khamheng, 17 ans, interviewé par des médias locaux, qui voit en lui “le plus grand héros”, qui “a tout fait” pour aider les enfants dans la grotte.

Un dessin est particulièrement repris sur les réseaux sociaux, pour louer la bonté d’Ekapol mais aussi ses capacités en méditation:

Le coach y devient un véritable bienfaiteur pour les douze enfants, représentés tels de petits sangliers heureux, un clin d’œil au nom de leur équipe.

Neuf enfants ont déjà pu être évacués de la grotte située au nord de la Thaïlande malgré une situation très périlleuse à l’heure où nous publions cet article, ce mardi 10 juillet. Ils ont été mis en quarantaine dans un hôpital situé à Chiang Rai, mais sont en bonne santé. Aux côtés du coach, il reste encore trois adolescents pris au piège. La mort d’un sauveteur, décédé de manque d’oxygène, est à déplorer.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.