MAROC
08/12/2018 17h:07 CET

Les enfants migrants et réfugiés subissent de graves privations et manquent de soutien selon un rapport de l'UNICEF

Sur 4.000 enfants sondés, plus de la moitié disent avoir été forcés de quitter leur pays.

cloverphoto via Getty Images

ENFANTS MIGRANTS - A quelques jours du Sommet de Marrakech pour l’adoption du Pacte mondial sur les migrations, l’UNICEF publie le rapport d’un sondage mené auprès de 4000 enfants et jeunes réfugiés âgés de 14 à 24 ans. Et les données sont alarmantes: plus de la moitié disent avoir été forcés de quitter leur pays, et 44% ont migré seuls.

Intitulé “A Right to be Heard: Listening to children and young people on the move” (“Le droit d’être entendu: Ecouter les enfants et les jeunes en déplacement”), le rapport éclaire sur les difficultés et les privations auxquelles font face les jeunes réfugiés et migrants durant leur périple vers un ailleurs, en quête de sécurité et d’une vie meilleure.

S’appuyant sur une analyse des renseignements recueillis au cours des trois derniers mois dans le cadre d’un sondage en ligne mené auprès de quelque 4.000 jeunes qui se considèrent eux-mêmes comme étant des réfugiés ou des migrants, les résultats du sondage font apparaître d’importantes lacunes dans le soutien et les services offerts aux jeunes déracinés.

“Alors que les politiciennes et les politiciens se querellent à propos de la migration, 4.000 enfants et jeunes déracinés nous disent avoir besoin de plus de soutien. Nous devons mieux écouter et discuter avec celles et ceux dont la vie est en jeu. Comme l’indique ce sondage, les enfants déracinés peuvent nous en apprendre beaucoup sur leurs besoins et vulnérabilités lorsque nous sommes disposés à les écouter”, relève Laurence Chandy, le directeur de la division de l’UNICEF en matière de données, de recherche et de politiques.

Parmi les sondés, 90% provenaient de pays de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe. Ils ont répondu à partir de pays qui envoient des migrants et des réfugiés, comme la République arabe syrienne ou l’Ukraine, par exemple, ou de pays qui les accueillent, comme l’Allemagne, la Turquie et l’Ouganda, précise le rapport. Bien que le sondage ne soit pas tout à fait représentatif de tous les jeunes réfugiés et migrants, il donne une rare plateforme sur laquelle les enfants et les jeunes déracinés ont pu exprimer leurs opinions et leurs préoccupations.

Des chiffres inquiétants

Et les chiffres témoignent d’une situation plus qu’alarmante. En effet, 57% ont du quitter leur pays à cause de guerres et conflits, 49% n’ont pas pu consulter de médecins ni bénéficier de soins lorsqu’ils en avaient besoin, 58% ont perdu une année ou plus à l’école, 65% des familles de ces jeunes ont approuvé leur décision de partir seuls, 38% n’ont pas reçu d’aide de la part de leur familles, d’institutions ou d’amis.

L’UNICEF a publié les résultats du sondage quelques jours avant le Sommet intergouvernemental sur le pacte mondial pour la migration qui aura lieu à Marrakech, au Maroc, et qui réunira des dirigeantes et dirigeants du monde pour adopter officiellement le Pacte mondial pour la migration, le tout premier accord intergouvernemental sur une approche commune pour chaque dimension de la migration. La publication des résultats du sondage a pour but d’aider les dirigeantes et dirigeants mondiaux ainsi que les personnes réunies à Marrakech pour le sommet à comprendre les conséquences pour les enfants que peuvent avoir les politiques en matière de migration.

“La migration est inévitable, mais les dangers et la discrimination auxquels font face les enfants réfugiés et migrants n’ont pas lieu d’être. Les États ont la possibilité de rendre la migration plus sûre. Les engagements et les mesures proposés dans le Pacte mondial pour la migration, y compris le respect en tout temps de l’intérêt supérieur des enfants et l’intégration des enfants migrants dans les systèmes nationaux de protection de l’enfance, sont à la fois pratiques et réalisables. Le Pacte mondial pour la migration procure aux autorités locales et nationales un ‘mode d’emploi’ sur les meilleures pratiques et approches pour le bien des enfants déracinés”, a ajouté Chandy.

L’instance mondiale pour les droits des enfants exhorte ainsi, dans son rapport, les gouvernements dans les pays d’origine, de transit ou de destination à faire passer l’intérêt supérieur des enfants en priorité lors de l’élaboration et de l’application des politiques et procédures en matière de migration, à garder les familles réunies, à mettre fin à la détention d’enfants et de familles migrants, et à adhérer au principe du non-refoulement.