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16/09/2019 15h:06 CET | Actualisé 16/09/2019 15h:06 CET

Les élections c’est une chose, la démocratie, autre chose

Associated Press
Algerian demonstrators take to the streets in the capital Algiers to protest against the government, in Algeria, Friday, Sept. 13, 2019. Africa's largest country has had no elected president for five months, and the powerful army chief wants to change that after months of protests he sees as a threat. Placard in Arabic that reads, " the Algerian people take their own decision". (AP Photo/Toufik Doudou)

1.    Le premier tour des dernières élections présidentielles en Tunisie confirme que les élections, même libres, même transparentes, ne suffisent pas à convaincre les citoyens qu’ils exercent un pouvoir démocratique en y prenant part.

2.    On constate cette désaffection pour les élections depuis de nombreuses années à travers le monde entier, y compris dans les pays de longue tradition démocratique.

3.    Dans des circonstances différentes, les citoyens du monde expriment finalement la même méfiance, la même défiance vis-à-vis des élections. Cela est dû à de nombreuses causes, dont une, majeure, fondamentale : les citoyens ont généralement pris connaissance de la réalité des forces qui possèdent le pouvoir et des mécanismes qui permettent de l’exercer ; le plus souvent, les forces de l’argent et les mécanismes de la corruption.

4.    Dans le cas de pays comme la Tunisie (engagée dans un processus de construction démocratique) ou l’Algérie (engagée dans une révolution populaire pour la démocratie), où la question démocratique est brûlante, les élections sont perçues pour ce qu’elles sont : un mécanisme dont le rôle est défini par la dynamique d’ensemble où il intervient. Les élections n’ont pas de valeur en soi. Les citoyens se posent la question de savoir à quoi elles servent. 

5.    Ainsi, le peuple tunisien, attaché au progrès démocratique qu’il réalise depuis 2011, exprime sa conscience que celui-ci doit être toujours plus réel que formel. Que le progrès démocratique se mesure, non seulement à l’aune de la liberté du choix par l’élection, mais aussi et surtout à celle du progrès économique et social des citoyens.

6.    Ainsi, le peuple algérien, qui veut ardemment la démocratie, sait qu’il ne pourra avancer dans ce sens que si les élections se déroulent dans des conditions qui permettent effectivement le libre choix des citoyens.

7.    Aujourd’hui, de telles conditions sont absentes, puisque c’est le régime qui organise des élections qui ne visent qu’à le perpétuer contre la volonté d’un changement démocratique qu’expriment depuis près de sept mois, par millions,  les Algériennes et les Algériens.