TUNISIE
28/09/2019 20h:27 CET

Les effets de la pollution jouent sur la santé mentale des enfants, selon une étude

Pour la première fois des chercheurs associent la pollution de l’air extérieur à l'augmentation des symptômes de troubles psychiatriques chez l'enfant.

Imgorthand via Getty Images

SANTÉ - Que la pollution de l’air n’ait rien de bénéfique pour notre santé, on le savait déjà. Mais une étude publiée mercredi 25 septembre dans la revue Environmental Health Perspectives, a révélé qu’une exposition à court terme à une pollution atmosphérique pouvait être associée à une augmentation des troubles de santé mentale tels que l’anxiété et la dépression chez les enfants.

Si d’autres études avaient déjà établi un lien entre les particules nocives et une augmentation des troubles psychiatriques chez les adultes, l’étude révèle pour la première fois cet effet sur la santé mentale des enfants.

“Ce rapport est le premier à montrer une association entre les niveaux quotidiens de pollution de l’air extérieur et une augmentation des symptômes de troubles psychiatriques, tels que l’anxiété et le risque de suicide, chez les enfants, a déclaré dans un communiqué Cole Brokamp, l’un des auteurs de l’étude.

Pour avoir de tels résultats, l’étude s’est concentrée sur les particules fines connues sous le nom de PM2,5 - appelé plus communément “poussière”- qui sont des particules microscopiques pouvant se loger dans les poumons et passer dans d’autres organes et dans le sang, provoquant des irritations, des inflammations et des troubles respiratoires.

 
Les enfants défavorisés plus vulnérables

Des chercheurs de l’Université de Cincinnati et du centre médical de l’Hôpital pour enfants de Cincinnati, ont examiné les visites de patients (enfants) en psychiatrie, puis retracé la concentration de PM2,5 dans leurs zones résidentielles. 

Les conclusions de ces examens montrent que les visites effectuées le même jour que le pic de pollution étaient pour la plupart du temps liées à la schizophrénie, tandis qu’un plus grand nombre de visites pour troubles de l’adaptation et idées suicidaires ont lieu un ou deux jours plus tard, apprend-on dans l’étude.

Les chercheurs ont également constaté que les enfants des zones défavorisées, de classe socio-économique inférieure ou ayant moins accès aux soins de santé, étaient plus vulnérables aux effets psychiatriques des pics de pollution, en particulier les troubles de l’anxiété et des pensées suicidaires.

 

Cole Brokamp, explique que si les enfants vivant dans la pauvreté subissent des effets négatifs plus importants de la pollution de l’air, c’est aussi à cause de leurs conditions de vie.

D’autres études le prouvent

Bien que cette étude examine spécifiquement les PM2,5, plusieurs autres études récentes ont montré des liens entre la pollution de l’air et la santé mentale des jeunes.

Une étude britannique réalisée en mars a révélé que les adolescents qui vivent en ville ont presque deux fois plus de risques de développer une psychose à l’âge adulte que ceux des zones rurales, ce qui était associé à une plus grande exposition au dioxyde d’azote.

Une étude publiée dans Environmental Research a révélé q’une association entre la pollution de l’air et celle d’un trafic intense serait en lien avec une anxiété généralisée plus élevée. 

Les experts ont averti plus tôt cet été que les températures plus chaudes, les incendies de forêt et la pollution de l’air provoquaient un état de stress post-traumatique, de l’anxiété, une toxicomanie et une dépression.

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