MAROC
08/05/2018 17h:32 CET

Les directeurs de Yabiladi et Le Desk obtiennent (enfin) leurs cartes de presse

Après des mois de bataille administrative et un coup de pouce d'El Othmani.

Twitter

MÉDIAS - Après la polémique née sur les réseaux sociaux suite au refus du ministère de la Culture et de la Communication d’octroyer une carte de presse aux directeurs de publication de Yabiladi et Le Desk, ces derniers ont finalement obtenu gain de cause grâce au soutien des internautes et à l’intervention du chef du gouvernement.

Mohamed Ezzouak et Ali Amar, respectivement à la tête des deux sites d’information, ont publié sur Twitter lundi 7 et mardi 8 mai des photos de leurs cartes de presse fraîchement délivrées par le département de Mohamed Laâraj.

“Historique. 7 mois à l’attendre alors qu’il n’a fallu que 48h pour la Twittoma pour accélérer les choses”, écrit le fondateur de Yabiladi après un long bras de fer engagé avec le ministère pour obtenir cette carte.

Interrogé dimanche 6 mai par le HuffPost Maroc, Mohamed Ezzouak avait expliqué que le ministère lui avait dit qu’il n’avait pas le droit à une carte de presse car il n’avait pas pu obtenir la mise en conformité du média par le tribunal. Yabiladi ayant été créé au début des années 2000, avant qu’un cadre juridique n’existe au Maroc pour les sites en ligne, le média n’a en effet pas encore le statut d’organe de presse, nécessaire à cette mise en conformité. “Or pour obtenir cette mise en conformité, il nous faut ces cartes de presse. On tourne en rond, c’est tout simplement du délire”, déplorait-il.

Le chef du gouvernement intervient

C’était sans compter le tollé provoqué par cette nouvelle sur les réseaux sociaux, et la vague de soutiens d’internautes aux directeurs des deux médias. Interpellé par plusieurs Twittos marocains, le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani a finalement répondu dimanche sur Twitter, assurant qu’il allait “voir quel est le problème.”

Après des mois de bataille administrative, il a donc fallu moins de 48 heures aux deux journalistes pour obtenir leurs cartes de presse.

Selon Mohamed Ezzouak, le chef du gouvernement a appelé directement le directeur de communication du ministère, Abdelilah Tahani, lui demandant de régler la situation. “Ce dernier m’a fait amende honorable, et m’a dit que c’était dommage de ne pas avoir trouvé de solution plus tôt. Ma carte de presse était déjà imprimée à mon arrivée au ministère”, explique le directeur de Yabiladi au HuffPost Maroc. Cette carte de presse lui permettra de faire sa mise en conformité au tribunal, puis de déposer des demandes de cartes de presse pour les autres journalistes travaillant pour son média.

“Merci à toutes et à tous pour avoir imposé la règle de droit. Cela confirme notre profession de foi. @LeDesk_ma : Le pouvoir aux lecteurs”, a pour sa part écrit le directeur du Desk sur Twitter ce mardi.

“J’avais exigé que ma carte de presse ne porte pas la mention ‘freelance’, car je suis directeur de publication. J’en ai obtenu donc une en tant que journaliste, afin de parachever les procédures de mise en conformité du site auprès du tribunal, puis d’en redemander une nouvelle en tant que directeur”, a expliqué Ali Amar à Yabiladi.

Pour obtenir une carte de presse, le journaliste doit remplir un certain nombre de critères et fournir plusieurs documents attestant de sa formation et de son expérience dans le domaine.

Selon le nouveau code de la presse, le directeur de publication doit obligatoirement avoir un niveau Bac +3, ce qui n’est pas forcément le cas de certains médias, rappelle Yabiladi, précisant que le ministère de la Culture et de la Communication “dit vouloir amender ces dispositions et les rendre plus souples, afin de tenir compte de l’expérience comme équivalence”.