MAROC
13/03/2019 15h:07 CET

Les diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants poursuivent leur mobilisation ce mercredi

Ils ont passé la nuit dans l’annexe du ministère de la Solidarité et de la Famille.

HANANEELARJOUN-HUFFPOSTMAROC

DRAME - Les diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants poursuivent leur mobilisation ce mercredi matin. Ayant annoncé par la voie de leur coordination nationale leur décision de procéder à un suicide collectif, les diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants ont fait irruption hier, mardi, dans une annexe du ministère de la Solidarité et de la Famille à Rabat, munis de bouteilles de gaz, de bidons d’essence et de cordes. Seize personnes, dont une femme, sont parvenues à rejoindre le quatrième étage après des affrontements avec les agents de la sécurité.

Sur ces images filmées ce mardi 12 mars, on peut voir des manifestants assis sur le rebord des fenêtres de l’annexe du département de Bassima Hakkaoui. En bas de l’immeuble, les manifestants ont répondu à nos questions:

Ce mercredi, tous poursuivent leur mobilisation, dénonçant l’indifférence et l’exclusion dont ils se disent victimes. Une partie de manifestants ont dormi à la belle étoile, au pied de l’immeuble, tandis que les seize personnes qui ont réussi à rejoindre le quatrième étage y ont passé la nuit.

“Nous allons rester ici. Nous n’allons pas bouger sauf s’ils décident de nous trouver une solution urgente. On ne fera pas de pas en arrière. On est prêt à tout, même à mourir s’ils ne nous accordent pas nos droits”, confie Mustapha Tissir, membre de la coordination des diplômés chômeurs dans une déclaration au HuffPost Maroc, ajoutant que la décision du “sacrifice collectif” est leur dernière carte pour répondre à l’exclusion sociale, la perte de dignité et aux conditions de vie déplorables qu’ils subissent. “Nous sommes épuisés. Nous avons essayé toute solution possible, nous avons adressé des lettres aux responsables, nous avons manifesté aussi. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien à perdre”, ajoute Mustapha Tissir.

Interrogés auparavant par le HuffPost Maroc, ces mêmes diplômés chômeurs avaient confié à notre rédaction avoir pris soin de faire leurs adieux à leurs familles en soulignant que pour leur dignité, ils ne peuvent plus accepter de vivre ainsi.