MAROC
17/01/2019 19h:32 CET

Les diplômés chômeurs malvoyants annoncent la reprise de leurs manifestations

Et dénoncent "l'intervention musclée des forces de l'ordre".

AIC Press

PROTESTATION - Les diplômés chômeurs malvoyants reprennent leur mouvement de colère et ils ne comptent pas baisser les bras. La coordination qui les représente publie, ce jeudi, un communiqué dans lequel elle s’adresse au chef du gouvernement et aux médias pour rappeler les principes pour lesquelles elle milite, mais aussi pour dénoncer “l’intervention musclée des forces de l’ordre à (leur) encontre”.

“Nous sommes mobilisés pour reprendre nos manifestations. Nous nous sommes rassemblés massivement, hier, devant le siège du ministère de la Famille après avoir enlevé les barrières qui s’y trouvaient”, raconte au HuffPost Maroc Yassine Abou Soufiane, membre de la coordination, titulaire d’un diplôme en télécommunication. Selon ce dernier, ils étaient une trentaine rassemblés devant le département de Bassima El Hakkaoui, lorsque les agents des forces de l’ordre sont intervenus pour les empêcher d’enlever les barrières et observer leur sit-in. “Les militants et militantes ont enlevé ces barrières de fer parce qu’elles sont une atteinte à leur dignité. Il ont été sauvagement agressés par les forces de l’ordre”, dénonce la coordination dans son communiqué. 

“Six d’entre nous ont été blessés mais, fort heureusement, sans gravité. Tous ont pu recevoir les soins nécessaires et quitter l’hôpital. Mais les forces de l’ordre ont continué à nous harceler. Lorsque nous sommes allés à la gare de Rabat ville pour prendre le train et rentrer chez nous, on nous a empêchés d’accéder au quai. Il a fallu négocier pendant une heure avant qu’ils ne nous laissent partir”, confie Yassine Abou Soufiane. 

Quelles que soient les péripéties qu’ils rencontrent durant leurs manifestations, ces diplômés chômeurs se disent prêts à les poursuivre. “Nous voulons savoir pourquoi le gouvernement ne nous offre pas la même chance que les autres de travailler. Au concours national du 23 décembre, l’écrasante majorité, soit 70%, des candidats pris sont atteints de handicaps physiques, mais très peu sont malvoyants. Pourtant, ce ne sont pas les compétences qui manquent dans nos rangs”, fait valoir ce membre de la coordination. Cette dernière a d’ailleurs choisi de manifester, en ce moment, pendant la période de l’examen oral. “Les 16, 17 et 18, se tient l’examen oral après l’examen écrit du 23 décembre. Nous n’en resterons pas là, et nous comptons observer de nouveaux sit-in dès le début de la semaine prochaine”, prévient-il.

La coordination compte, par ailleurs, faire appel à la médiation des députés. C’est grâce à l’intervention de ces derniers que ces diplômés chômeurs avaient mis fin à leur sit-in sur le toit du département de la Famille au mois d’octobre dernier. Une médiation qui intervenait suite à la chute mortelle, le dimanche 7 octobre, d’un des manifestants, Saber El Haloui. “Nous pensons rencontrer les députés pour faire le point avec eux sur leur intervention auprès du gouvernement. Ils ont promis de faire respecter le quota d’intégration dans la fonction publique qui est de 7%”, rappelle ce membre de la coordination.  

Au concours unifié du 23 décembre adressé aux licenciés atteints de tout type de handicap, 200 postes budgétaires ont été affectés au titre de la loi de finances 2019, pour l’emploi des personnes en situation de handicap. Le quota de 7% des postes budgétaires dédiés à cette catégorie de chômeurs est toujours maintenue. Un autre concours similaire devrait avoir lieu dans les prochains mois.