TUNISIE
22/10/2018 15h:54 CET

Les dettes cumulées de la Transtu ont atteint 800 millions de dinars selon son P-DG

Le parc de bus est passé de 1100 bus en 2010 à 680 en 2018.

Invité de la matinale de Jawhara FM, Salah Belaid, Président-Directeur Général de la TRANSTU, a affirmé que la dette de la société a atteint les 800 millions de dinars, ce qui explique la hausse des tarifs du transport à venir.

″Nous sommes dans une situation difficile. Les dettes cumulées ont atteint 800 millions de dinars” a déclaré Salah Belaid, ajoutant qu’un plan de réformes de la Transtu est prêt: “Nous l’avons présenté, il y a 15 jours, au ministre chargé des grandes réformes rattaché à la présidence du gouvernement”.

Parmi les points de ce plan de réformes, il existe une hausse des tarifs qui sera proposée, “mais cela ne suffira pas” a indiqué Belaid rappelant que les tarifs sont les même depuis 2003.

“En 2018, nous avons augmenté les tarifs de 10%. Or il aurait fallu, chaque année, augmenter les tarifs de 10% depuis 2003” a-t-il déploré expliquant que cela représente une hausse de près de 50 millimes par an par billet.

Pour lui, l’absence de hausse de tarifs depuis 15 ans a entrainé un impact sur la qualité du transport offert par la Transtu aux citoyens avec notamment un faible renouvellement du parc mais aussi l’obligation pour certains de prendre les taxis collectifs, “trois fois plus chers que les tarifs de la Transtu”.

Le parc de bus se compose de: 

- 680 bus en 2018 contre 1100 bus en 2010.

- 630 bus ont plus de 10 ans dont 300 venant de France.

“Nous travaillons avec 50% de bus en moins qu’en 2010” a-t-il également déploré affirmant que son entreprise perd environ “1 dinar pour chaque citoyen qui utilise un moyen de transport de la Transtu (bus ou métro). Celui-ci paye 500 millimes alors qu’il devrait payer 1500 millimes”.

Salah Belaid impute la responsabilité de la situation actuelle de la société à la Transtu, qui n’a pas augmenté ses tarifs depuis 2003 mais également aux différents gouvernements qui se sont succédés depuis 2003.

“Que se passe-t-il si je ne prévois pas cette hausse? Je ne pourrais pas renouveler le parc, payer mes dettes, acheter des pièces de rechanges donc la qualité en pâtit” a-t-il expliqué.

Autre problème pointé du doigt par le P-DG de la Transtu, le “transport gratuit” des certaines catégories de personnes, à l’instar des agents sécuritaires, des militaires et des agents de la douane: “Ils nous coûtent en moyenne 20 millions de dinars par an” a-t-il affirmé, préconisant que chaque ministère de tutelle doit payer pour ses salariés.

Malgré les subventions de l’État à hauteur de 130 millions de dinars, en plus du chiffre d’affaires de 60 millions de dinars, la Transtu se retrouve obligée de recourir à des prêts bancaires pour payer ses salariés, qui sont plus nombreux que ne l’exige le travail demandé, avançant le nombre de 700 agents supplémentaires: “Nous avons 700 agents qui doivent quitter pour alléger les frais de personnels”.

 

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