MAROC
04/04/2018 15h:56 CET | Actualisé 04/04/2018 15h:57 CET

Les détails du prochain film de Nabil Ayouch sur le hip-hop

Le réalisateur s’apprête à tourner un nouveau long métrage sur la communauté hip-hop au Maroc.

FADEL SENNA via Getty Images

CINÉMA - On en sait un peu plus sur le prochain long métrage de Nabil Ayouch. Après “Razzia”, sorti en février 2018, le réalisateur marocain s’apprête à tourner un nouveau film sur la communauté hip hop au Maroc. Baptisé “Positive School” - mais le titre pourrait encore changer - le film devrait sortir en 2019.

Selon le réalisateur interrogé par le HuffPost Maroc, ce prochain opus sera “une comédie musicale hip hop”, qui se déroulera au sein du centre culturel “Les Étoiles de Sidi Moumen”, fondé par le réalisateur dans les faubourgs de Casablanca, et suivra plusieurs “hip-hoppeurs et hip-hoppeuses”, ainsi que leur professeur, Anas, un ancien rappeur.

Ce dernier, “assez charismatique”, transmet “aux gamins du centre les valeurs du hip hop” mais les aide également, à travers le hip hop, ”à exprimer leur vécu, leur intériorité, tout ce qu’ils portent et qui est assez chargé, comme vous pouvez l’imaginer. C’est très beau à observer”, souligne le réalisateur.

Contrairement à “Razzia”, film choral qui suivait la destinée de cinq personnages principaux, ce huitième long métrage se présentera plutôt sous la même forme que son avant-dernier film, “Much Loved”, proche du documentaire.

“Beaucoup de talents vont être révélés”Nabil Ayouch

“On sera complètement dans la fiction, mais avec une certaine forme de naturalisme dans la manière de filmer les chorégraphies, les corps et la parole qui ne sera absolument par formelle, comme on a pu le voir dans d’autres formes de comédies musicales”, précise Nabil Ayouch, qui a fait appel à des chorégraphes pour les besoins du film.

Les comédiens (danseurs de new style et breakdance et chanteurs) seront essentiellement des non professionnels. “Beaucoup de talents vont être révélés”, promet le réalisateur, indiquant être actuellement en plein casting. “Une partie des comédiens a été trouvée mais le reste est encore en cours.”

Les parties chantées du film, mêlant rap et slam, seront des morceaux originaux écrits par des rappeurs marocains et mis en musique par des beatboxers marocains et étrangers.

J’ai grandi à Sarcelles en banlieue parisienne, entre 1974 et 1984, en pleine émergence du mouvement hip hopNabil Ayouch

Le réalisateur de 49 ans, né à Paris, a puisé dans sa propre expérience de jeunesse pour réaliser ce film. ”Ça m’est venu de mon enfance. J’ai grandi à Sarcelles en banlieue parisienne, entre 1974 et 1984, en pleine émergence du mouvement hip hop aux États-Unis et aussi en France, avec des artistes comme Afrika Bambaataa et son organisation Zulu Nation”, nous confie-t-il.

“Quand je suis arrivé dans les quartiers au Maroc, et notamment à Sidi Moumen, j’ai observé, une génération plus tard, le même mouvement de libération des jeunes par la parole et par le corps que celui auquel j’avais assisté quand j’étais ado à la Maison des jeunes et de la culture (MJC) à Sarcelles, là où j’ai appris les arts et la culture, là où j’ai appris à regarder le monde”, ajoute-t-il.

C’est dans son centre culturel Les Étoiles de Sidi Moumen, créé à travers sa fondation Ali Zaoua, que le réalisateur tournera son film cet été. Le long métrage, réalisé par la société de Nabil Ayouch “Ali N’ Production”, a reçu un montant de 3,6 millions de dirhams d’avance sur recette avant production et devrait probablement sortir mi-2019.