ALGÉRIE
24/09/2018 09h:36 CET | Actualisé 24/09/2018 11h:45 CET

Les cinéastes algériens disent basta à la "censure et pression" dans le cinéma

Les signataires de cette lettre commune déplorent “l’absence d’une politique réelle de formation, l’absence d’une vraie stratégie de réconciliation de la société avec le cinéma qui doit commencer à l’école”.

yuriz via Getty Images

Plusieurs cinéastes algériens ont rendu publique hier 23 septembre une déclaration commune, dans laquelle ils tirent la sonnette d’alarme quant à l’avenir du cinéma en Algérie, ils dénoncent les récentes censures qui selon cette lettre conduisent à “la fragilisation et l’assèchement de la création et de la production cinématographique algérienne”.

Les premiers signataires de cette lettre sont Bahloul Abdelkrim, Benhadj Rachid, Bensmail Malek, Bouchouchi Lotfi, ferhani Hassen, Hadjadj Belkacem, Moussaoui Karim, Okacha Touita, Rachedi Ahmed, Salem Lyes, Aggoun Cherif, ainsi que les producteurs Yacine Bouaziz, Jaber Debzi, El Hachemi Zertal.

Selon le producteur Yacine Bouaziz, cette lettre a été adressée au Ministère de la culture il y a une dizaine de jours. Il explique que le but de cette démarche est d’exprimer leur mécontentement concernant ces pratiques à l’encontre de la production cinématographique en Algérie.

Dans cette déclaration les cinéastes rappellent  les récentes censures qui ont marqués cette rentrée. Le film ” fragments de rêve” de Bahia Bencheikh El Fegoun, interdit à la clôture des 16e rencontres cinématographique de Bejaia, suite au non-octroi du visa culturel.

Les “pressions” que subit actuellement le film “Ben Mhidi” de Bachir Derrais.
Ils précisent également que ces pratiques ne datent pas d’hier. Il rappelle que le documentaires “Vote Off”de Hammoum Fayçal avaient été interdit lors des 14e rencontre cinématographique de Bejaia, et le refus du visa d’exploitation du film “Contre-Pouvoirs” de Malek Bensmaïl en 2015.

Toutes ces contraintes auxquelles fait face la famille du cinéma en Algérie conduit selon cette déclaration à “la privation du public algérien d’œuvres l’interpellant, lui redonnant son image, l’image de sa société, de son passé et de son présent avec des regards critiques et diversifiés, alimentant et faisant asseoir la réflexion et le débat démocratique et contradictoire dans notre pays”.

Les signataires de cette lettre commune expriment leur désarroi et incompréhension, et déplorent “l’absence d’une politique réelle de formation, l’absence d’une vraie stratégie de réconciliation de la société avec le cinéma qui doit commencer à l’école”.

Ils concluent en précisant qu’ils prennent à témoin l’opinion publique quant à notre engagement pour la défense du cinéma algérien et réitèrent notre attachement indéfectible au principe de la liberté de création et d’expression et en dénonçons fermement les dernières atteintes.