TUNISIE
06/12/2018 19h:34 CET | Actualisé 06/12/2018 19h:39 CET

Les chiffres alarmants sur la répartition des médecins en Tunisie

Les gouvernorats de Mannouba, Béja, Jendouba, Gafsa, Tozeur et Tataouine ne disposent pas de gynécologues dans les hôpitaux publics.

Invité sur les ondes de RTCI pour parler de la situation démographique médicaleen Tunisie, le secrétaire général du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), Nazih Zghal, a dressé un bilan alarmant de la situation du secteur.

Voici ce qu’il faut retenir:

6491 médecins généralistes

Selon le Conseil National de l’Ordre des Médecins, il y a sur l’ensemble du territoire tunisien 6491 médecins généralistes: “On parle souvent d’un manque de spécialistes mais en réalité il y a un manque de généralistes, ces médecins de premières lignes, indispensables à l’offre de santé” a regretté le Secrétaire général du Cnom. 

Ils sont ainsi 57 médecins généralistes pour 100.000 habitants en Tunisie.

 

8405 médecins spécialistes

8405 médecins spécialistes exercent sur l’ensemble de la République selon le CNOM, dont 3211 dans le secteur public, 4802 de libre pratique et 392 médecins para-publics.

Ils sont ainsi 73 médecins spécialistes pour 100.000 habitants.

 

Une densité médicale régionale inégale

On compte en Tunisie 130 médecins pour 100.000 habitants selon le CNOM, qui reprend les chiffres de l’INS, soit 1 médecin pour 769 habitants. “Nous sommes presque dans les standards internationaux” commente Nazih Zghal.

Cependant, la répartition géographique des médecins est inégale en Tunisie, entre d’un côté des régions “surdotées” et d’autres des régions “désertées”.

Ainsi, le gouvernorat de Tunis compte 334 médecins pour 100.000 habitants est le gouvernorat où se trouve le plus de médecins. A contrario, le gouvernorat de Sidi Bouzid ne compte que 51 médecins pour 100.000 habitants.

“Tunis, Sousse et Sfax sont les gouvernorats les plus surdotés (...) 9 gouvernorats sont quant à eux sous dotés. Sidi Bouzid représente quant à lui un désert médical” a expliqué Zghal.

En effet, Sidi Bouzid ne compte que 228 médecins dont les 2/3 sont généralistes pour près de 429.000 habitants.

 

Ben Arous, le plus sous doté en médecins généralistes

Si la répartition par gouvernorat de médecins généralistes est “assez homogène” sur l’ensemble du territoire, le gouvernorat de Ben Arous est le plus sous doté en médecins généralistes du secteur publique. Selon Nazih Zghal, ceci s’explique par sa proximité avec Tunis, et par le faite qu’il n’y ai pas de grands hôpitaux qui emploient des généralistes.

C’est un gouvernorat où on trouve plus de médecins spécialistes.

 

            Un médecin spécialiste pour 100 mille habitants

Pour la disparité régionale en nombre de médecins spécialistes, 9 gouvernorats se retrouve avec un manque importants de médecins spécialistes, comme Jendouba, Le Kef, Siliana, Kairouan, Kasserine, Sidi Bouzid, Tozeur, Kébili, et Tataouine.

Quand à la répartition des spécialités, elle est aussi inégale. 

“Sincèrement, je ne comprends pas qu’il y ait 1 médecin pour 100 mille habitants à Tataouine, et qu’il y en ait 21 pour 100 mille habitants à Tunis.” s’est-il exclamé au sujet de l’écart en nombre de spécialistes.

Les spécialités médicales concernées sont la dermatologie, la cardiologie, la pneumologie, etc..

 Ainsi, 10 gouvernorats tunisiens sont touchés par un désert médical, avec un seul spécialiste pour 100 mille habitants. Dans certains gouvernorats, comme Siliana, il n’existe aucun médecins spécialiste de libre pratique.

Selon Zghal, le faible développement de ces gouvernorats rend la pratique d’une spécialité non rentable.

 

               Des spécialités médicales vitales absentes de

                                 plusieurs gouvernorats

Pour les spécialités chirurgicales, la moyenne nationale de 20 chirurgiens pour 100 mille habitants. Le gouvernorat de Tunis est en tête disposant de 64 chirurgiens pour 100 mille habitants, tandis que Kasserine dispose de seulement 5 chirurgiens pour 100 mille habitants.

Idem pour la gynécologie où le niveau national et de 20 médecins pour 100 mille habitants, avec 52 pour Tunis, 3 pour Tataouine et 0 pour Gafsa.

Les gouvernorats de Mannouba, Béja, Jendouba, Gafsa, Tozeur et Tataouine ne disposent pas de gynécologues dans les hôpitaux publics.

S’agissant de la pédiatrie, la moyenne nationale est de 25 médecins pour 100 mille habitants, concentrés également à Tunis avec 78 médecins, contre 3 à Kébili, qui travaillent tous dans la fonction libérale.

L’essentiel des médecins radiologues sont partis à l’étranger selon Zghal. L’année dernière, 25 médecins radiologues formés en Tunisie sont tous partis exercer en Europe.

Un rapprochement a également été fait entre l’indice de développement régional qui mesure le développement socio-économique de la région, et la densité médicale. Ce rapprochement a abouti à une corrélation entre ces deux indicateurs.

“Les médecins sont aujourd’hui en train de quitter les hôpitaux, non pas pour un souci d’argent, mais à cause du manque de moyens, et la difficulté à gérer le personnel dans les hôpitaux publics.” a-t-il ajouté

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