26/04/2019 13h:13 CET | Actualisé 26/04/2019 13h:13 CET

Les céréales, parents pauvres d'une campagne agricole 2018-2019 jugée bonne dans l'ensemble

La production prévisionnelle des trois céréales principales a baissé de 19% en raison d'une très faible pluviométrie.

FADEL SENNA via Getty Images

AGRICULTURE - Les prévisions annoncent une campagne agricole 2018-2019  bonne dans l’ensemble, indique, ce vendredi, un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts. Le département de Aziz Akhannouch indique que c’est le secteur de l’arboriculture fruitière et la filière sucrière qui s’en sortent le mieux grâce, notamment aux précipitations que le mois d’avril a connu dans différentes régions du royaume. Cette pluie “a  permis une bonne amélioration du couvert végétal des parcours, en particulier les parcours de montagne, les parcours du Sud de l’Atlas et du Moyen Atlas”, souligne la même source.

Ainsi, sur une superficie de près de 60.000 hectares, des rendements prévisionnels de 70 tonnes/Ha sont attendus pour la betterave à sucre. Une bonne récolte à laquelle ont contribué les techniques et la technologique utilisées dans la filière au niveau de l’ensemble des bassins de production (99% semé mécaniquement en mono germe). Se félicitant du résultat, le département de Akhannouch se réjouit que les récoltes de betterave soient “particulièrement précoces” en commençant à partir du 12 avril. “Quant à la canne à sucre, dont l’usinage a débuté au mois de février dernier, les rendements sont de l’ordre de 68 T/Ha”.

Mais cette pluviométrie n’a pas profité à toute la campagne agricole. Elle est “qualifiée de moyenne à bonne dans les régions du nord” et de “modeste à faible dans le reste des régions”, indique le ministère. La croissance des céréales a surtout  pâti d’“une mauvaise répartition temporelle”. Le communiqué précise ainsi que “la très faible pluviométrie, voire l’absence de précipitations dans plusieurs régions durant les mois qui ont suivi a engendré un retard de croissance des céréales et une baisse des rendements plus ou moins importante selon les régions”.

Résultat: une baisse de production estimée à 19% par rapport à la production moyenne des années du Plan Maroc Vert (PMV), soit 61 millions de quintaux contre 75 l’an dernier. Les conditions climatiques décideront de la récolte finale  dans les prochaines semaines.

Sur une superficie céréalière de 4,7 millions Qx, 3,5 millions d’ha (en majorité blé tendre) affichent “un état végétatif moyen à bon”, ajoute la même source. Et de souligner que la production prévisionnelle de cette campagne provient de 3 régions: Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et le Grand-Casablanca.

Côté résilience du secteur agricole, elle se confirme, selon le département de Akhannouch. Ce dernier annonce que l’actuelle campagne a profité des deux bonnes récoltes céréalières successives (2016/17 et 2017/18). Cela a valu au secteur de l’élevage “de profiter des disponibilités de stocks de paille et d’orge comme en témoigne le niveau des prix de ces aliments qui affichent des niveaux normaux et raisonnables”, explique la même source. Et de préciser que les prix des animaux vivants sont aux mêmes niveaux que 2018 sinon légèrement supérieurs (10%).

Ce département affirme, par ailleurs, que cette résilience permet de maintenir une stabilité des revenus dans le monde rural et préserver la durabilité de l’activité des agriculteurs. La baisse que le secteur des céréales a connue n’aura pas d’impact, selon lui, sur les prévisions du PIB agricole qui se situent entre  124 et 125 milliards de dirhams, soit “une quasi stabilité de la croissance agricole (+1,2 %)”.