ALGÉRIE
24/09/2019 07h:23 CET | Actualisé 24/09/2019 08h:52 CET

Les bribes d’un procès à huis clos: Tartag absent, Saïd Bouteflika se retire, pas de témoignage de Zeroual

Le procès  va se poursuivre ce  mardi matin.

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Procès

Le procès pour “atteinte à l’autorité de l’armée et de l’Etat” contre Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller du président déchu, du général de corps d’armée Mohamed Mediene dit Toufik, ancien chef du DRS, du général Abderahmane Tartag, dit Bachir, ex-coordonnateur des services et de Louisa Hanoune,  SG du parti des travailleurs, entamé hier au tribunal militaire de Blida va se poursuivre aujourd’hui. 

L’ancien ministre de la défense, le général Khaled Nezzar, son fils Lotfi, et l’homme d’affaires Belhamdine Farid, objets d’un mandat d’arrêt international, sont jugés par contumace dans le même procès. Les charges retenues contre les accusés sont passibles de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la peine de mort.

 

Refus de comparaître de Tartag

 

La presse étant absente, le compte-rendu de la première journée se fait par bribes via les propos, très concis, des avocats. Il n’y avait que trois prévenus à l’audience au lieu de quatre, le général Tartag ayant refusé de comparaître. Le juge lui a indiqué qu’il ne sera pas jugé par contumace. La décision de jugement le concernant sera donc réputée contradictoire et n’ouvre pas droit à un nouveau jugement comme pour le cas d’un verdict par contumace.

Les avocats de Louisa Hanoune et du général Toufik (venu au procès en fauteuil roulant) ont demandé le report du procès pour des raisons de santé. Trois médecins, désignés par le juge ont examiné les deux prévenus et a conclu que leur état de santé n’était pas un obstacle à leur comparution. 

Saïd Bouteflika a demandé à se retirer de l’audience après la lecture de l’arrêt de renvoi en contestation des accusations portées contre lui ainsi que l’ajout d’éléments qui n’avaient pas été communiqués à la défense. Le juge lui a permis de se retirer en lui faisant valoir qu’il sera jugé comme s’il était réputé présent.  

 

Le témoignage de Zeroual, “pas utile”

 

Autre élément à relever, le refus du tribunal d’accéder à la demande de la défense du général Toufik d’entendre le témoignage de l’ancien chef d’état, le général Liamine Zeroual. Pour rappel, l’ancien chef de l’Etat a publié, le 2 avril dernier, le jour même de la démission de Abdelaziz Bouteflika, un communiqué confirmant qu’il avait reçu le général Toufik, le 30 mars, dans sa villa à Moretti et que ce dernier lui avait proposé de présider une instance de transition.

« J’ai reçu, le 30 mars, à sa demande, le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediene, qui m’a proposé de présider l’instance de gestion de la période de transition. Il m’a confirmé que cette proposition est le fruit d’un accord avec Said Bouteflika, conseiller à la présidence de la République » a indiqué le général Liamine Zeroual, lequel aurait refusé l’offre en exprimant  sa “confiance totale dans les millions de manifestants” et “la nécessité de ne pas entraver la marche du peuple algérien qui a récupéré sa souveraineté”. Dans son communiqué, Liamine Zeroual soulignait qu’au vu de la gravité de la situation “ il est du devoir des décideurs de faire preuve de raison et se montrer à la hauteur de notre peuple pour éviter tout dérapage”.

Le procès  va se poursuivre ce  mardi matin.