MAROC
25/01/2019 10h:16 CET | Actualisé 25/01/2019 10h:17 CET

Les autorités marocaines rejettent le rapport sur les droits de l'homme 2019 de Human Rights Watch

Pour la DIDH, "le rapport manque de précision, de crédibilité et de réalisme".

Youssef Boudlal / Reuters
Le rapport revient entre autres sur le droit de manifester, la liberté d'expression et le procès des détenus du Hirak.

DROITS DE L’HOMME - Les autorités marocaines ont exprimé leur rejet total du rapport de Human Rights Watch (HRW), sur la situation des droits de l’Homme dans le monde pour l’année 2019.

Droit de manifester, liberté d’expression, mouvement et procès du Hirak, Hayat, pénalisation de l’adultère, des relations sexuelles entre personnes non mariées et de l’orientation sexuelle, droit de succession... Dans son rapport annuel, HRW a mis en exergue tous les sujets qui ont secoué l’actualité l’année dernière au Maroc.

Les autorités marocaines ont dénoncé les données du rapport qu’elle qualifient  de “positions politiques” et d’“allégations et conclusions erronées”, qui “feront l’objet d’une réponse détaillée dans les semaines à venir, a tenu à préciser la délégation interministérielle aux Droits de l’Homme (DIDH) dans un communiqué parvenu jeudi à la MAP. Ajoutant que les “positions négatives exprimées dans le rapport 2019 reflètent les orientations prédéfinies de HRW”. 

“Le rapport manque de précision, de crédibilité et de réalisme, qui nécessitent des enquêtes, des sources fiables et des recoupements utiles, ce qui fait défaut à ce document, qui évoque certains cas sans les nommer, ni préciser leur nombre et le lieu où ils se sont produits, versant ainsi dans des généralisations prédéfinies”, a précisé la DIDH.

Les faits et les conclusions contenus dans le rapport 2019 de HRW sont loin de la réalité, a insisté la délégation, affirmant qu’il s’agit d’allégations présentées au conditionnel ou avec exagération, voire en contradiction avec des documents précédents de l’Organisation, et basées sur des témoignages unilatéraux sans preuves irréfutables, a ajouté la même source.

Une ouverture du Maroc sur les “ONG internationales sérieuses”

Dans son rapport, HRW pointait également du doigt le sort réservé aux migrants au Maroc, faisant “l’objet de répressions”. Les autorités marocaines considèrent que l’introduction dans ce rapport d’un cas isolé concernant l’immigration clandestine, prétendant que les autorités ont mené une large campagne à l’encontre de milliers des migrants est un indicateur supplémentaire et clair de l’adoption d’une approche erronée et sélective dans ce rapport.

Par ailleurs, elles estiment que la position exprimée par l’ONG concernant l’accord de pêche Maroc-UE contredit totalement la décision de la Cour de justice européenne à ce sujet et tend vers une interprétation erronée visant à servir des desseins politiques avérés contraires à la déontologie qui doit présider au travail d’une organisation œuvrant dans le domaine de la défense des droits de l’homme.

La DIDH a fait part, en conclusion, de l’ouverture des autorités marocaines sur les ONG internationales sérieuses et professionnelles et leur disposition à fournir toutes les explications et données nécessaires pour contribuer à l’élaboration de rapports objectifs, honnêtes, professionnels et équitables sur la situation des droits de l’homme au Maroc