ALGÉRIE
18/08/2018 12h:33 CET | Actualisé 18/08/2018 15h:38 CET

"Les Ateliers d’Alger " une initiative jeune pour dessiner Alger de demain

Le projet pilote de l’association a porté sur l’organisation de rencontres dans trois quartiers de la Capitale ; la Casbah, Bab El-Oued et El Biar.

Les ateliers dAlger
Les fondateurs du collectif Les Ateliers d'Alger.

Repenser l’urbanisme Algérois dans sa dimension sociale et sociétale. Se rapprocher de l’habitant pour mieux cerner la vie du quartier et tenter ensemble d’améliorer le quotidien dans cet espace. Tel est le pari des membres du collectif “Les Ateliers d’Alger” qui viennent de clôturer une série d’ateliers participatifs autour des problématiques des quartiers algérois.

Fondé en France en 2016, les Ateliers d’Alger” est un collectif né de l’initiative de trois jeunes amis. Venus d’horizons divers et ayant des formations diverses, ils sont engagés dans plusieurs projets associatifs.

Anys Merhoum architecte-urbaniste, Magda Maaoui est géographe-urbaniste et Nesma Marhoum prépare un master de recherche en théorie politique à l’école doctorale de Sciences Po à Paris.

Ensemble ils ont décidé de s’adosser sur leur expérience dans le domaine de l’urbanisme associatif et créer un collectif dont les activités sont dédiées à l’Algérie et porteront sur l’amélioration de la vie citadine des habitants. 

“La première démarche de notre association a été la collecte d’informations sur ce qui se fait à Alger en matière d’urbanisme. C’est-à-dire consulter tous les rapports, documents et articles rédigés de manière scientifique sur la ville d’Alger. Cela nous a pris environ deux ans. Nous avons découvert qu’il y avait beaucoup d’initiatives qui visent à dessiner l’Alger du futur, cependant un constat s’impose : l’habitant est absent dans l’élaboration de ces projets. C’est pourquoi nous avons décidé de monter notre projet en concertation avec cet acteur principal car on ne peut prétendre à dresser un profil du quartier sans qu’on soit renseigné sur la manière dont la vie s’anime au quotidien au sein de cet espace”, explique Magda.

Les trois amis ont passé plus de deux ans à constituer un fonds documentaire sur les projets et initiative menés à Alger dans l’urbanisme.

Après avoir consulté différents documents et travaux de recherche, ils ont initié cet été le projet pilote de l’association, qui a porté sur l’organisation de rencontres dans trois quartiers de la Capitale à savoir  la Casbah, Bab El Oued et El Biar.

Ces ateliers sous forme de Table Ronde ont convié des femmes exclusivement. Les initiateurs de projet expliquent que pour élaborer un projet sur l’urbanisme basé sur la concertation avec l’habitant, il est plus facile de cibler une portion échantillon de la population. 

Le choix de réserver ces rencontres aux femmes s’inscrit dans cette démarche mais pas seulement. Ils précisent qu’entre autres raison la subvention qu’ils ont réussi à obtenir pour financer les ateliers d’Alger s’intéressent particulièrement à la place de la femme dans l’espace public et son rôle dans le maintien de la paix dans les pays qui ont été touché par des conflits.

Les ateliers ont proposé aux participantes une série d’exercices à travers lesquelles les habitantes renseignaient sur le mode de vie du quartier, ses points forts, les problèmes dont il souffre, et aussi comment celles-ci voudraient voir leur quartier évoluer.

Chaque atelier s’est articulé autour de quatre exercices. La première activité nommée “la carte d’identité” consistait à diagnostiquer le quartier en se basant sur des éléments historiques, cartographiques ou encore statistiques concernant le lieu donné. 

les ateliers dAlger

Les deuxièmes exercices invitaient les habitantes à se situer vis-à-vis de leur quartier. Chacune devait identifier sur la cartographie du quartier, ou elle habitait, où elles faisait ses courses ou encore où elle a fait ses études …etc. Ensuite chacune devait imaginer son quartier rêvé.

La troisième étape intitulée “agent et ressource” consistait à énumérer les points forts et les points faibles du quartier et ses opportunités. Enfin la dernière étape est plutôt ludique. Les participantes devaient imaginer l’embellissement de leur quartier en décorant les façades des habitations, végétaliser l’espace public…etc.

“Les ateliers se déroulaient dans une ambiance conviviale d’ailleurs pour chaque déjeuner on se réunissait autour d’un plat traditionnel ce qui permettait de tisser des liens entre les personnes et enrichir davantage le contenu des ateliers”, souligne Magda.

Anys précise que les activités réalisées avec les habitantes de ces trois quartiers ont plus un aspect théorique et qu’à l’avenir le collectif aimerait les concrétiser en projet avec l’aide de partenaire. Parmi ces projets la création de comités de quartier pour les communautés avec lesquelles ils ont travaillé. “On les aidera dans les démarches administratives et ils pourront ensuite agir de manière autonome dans l’amélioration des conditions de vie de leurs quartiers”, ajoute Anys.

Dans le cadre de la continuité des projets des ateliers d’Alger, Anys, Magda et Nessma vont constituer un fonds documentaire qui regroupe tous les documents obtenus dans le cadre de leur projet. Toute cette matière sera diffusée dans une plateforme en ligne.

Le collectif des Atelier d’Alger organise ce samedi après-midi une restitution publique des conclusions des ateliers. L’évènement aura lieu à la haute Casbah. 

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