MAROC
31/05/2019 18h:37 CET | Actualisé 31/05/2019 18h:42 CET

Les associations de parents d'élèves en mal d'existence dans les écoles (RAPPORT)

Dans les écoles disposant de ce genre d’associations, le taux d’adhésion des parents est d’à peine 31,3%.

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RAPPORT - Dans certaines écoles, il n’y en a pas et dans d’autres, elles peinent à s’imposer. Les associations des parents et tuteurs d’élèves ont un sérieux défi à relever: s’imposer en tant que maillon de la chaîne éducative. C’est ce que démontre un rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), intitulé “Les associations des parents et tuteurs des élèves: un partenaire essentiel pour l’édification de l’École de l’équité, de la qualité et de la promotion”, qu’il a présenté hier.

Malgré un taux de couverture ayant atteint 83,4%, soit 9.043 associations, dans les établissements publics, elles n’ont pas réussi à s’imposer ni à remplir leur mission de relais entre parents et écoles. Le rapport constate aussi des écarts flagrants entre les écoles du secteur privé et public, mais aussi entre les trois niveaux scolaires (primaire, collège et lycée), soulignant que, parfois, ces associations n’existent même pas. 16, 57% des établissements publics n’en disposent pas, d’après cette étude.

Et cette absence concerne à la fois les écoles publiques et privées, selon ce rapport. L’étude menée par l’Instance nationale d’évaluation relevant du conseil indique que 52,7% des parents (ayant fait l’objet de l’étude) ont assuré que dans les écoles où sont inscrits leurs enfants, il n’y a pas d’association de parents d’élèves. 

En plus du désintérêt avéré de certaines écoles, s’ajoute celui des parents d’élèves. Ainsi, dans les écoles disposant de ce genre d’association, le taux d’adhésion est d’à peine 31,3%, rapporte la même source. Et de préciser que la participation effective des parents d’élèves, elle, se limite à 25,3% (sur 31,3%).

Le conseil décrit des associations boudées par les parents d’élèves, tandis que “certains parents ignorent même l’existence de ces associations”. Pour ce rapport, le taux d’adhésion des parents d’élèves dépend de deux éléments. Le premier est financier et concerne leur pouvoir d’achat de parents.  Auprès de ceux dont les revenus sont faibles, 15,9% adhèrent à ces associations. Quant aux parents d’élèves aux revenus élevés, ils sont 47,3% à adhérer à ce type d’associations. Le second élément qu’évoque le rapport est lié au degré d’instruction des parents. De niveau secondaire et plus, les parents d’élèves sont plus impliqués dans l’activité de cette association à hauteur de 43,5%, tandis que ceux sans instructions ne représentent que 19,8%. 

Dans le cadre de cet état des lieux, l’adhésion de parents d’élèves s’avère plus importante dans le milieu urbain que dans le rural avec respectivement un taux de 34,2% et 24,9%.

Entre école privée et publique, l’adhésion des parents d’élèves marque là aussi une différence. Dans ce rapport, le conseil relève que, dans la première, l’adhésion atteint 53% alors que, dans la seconde, elle est de 29,6%. Et de faire observer que les parents d’élèves dans le privé suivent de près le parcours de leurs enfants en restent, souvent, en contact direct avec l’école sans passer par ce type d’association.  

Faiblement représentées, ces organisations de parents d’élèves se retrouvent plus amenées à agir au niveau de l’entretien et l’équipement de l’école et moins dans la gestion effective de celle-ci, indique le rapport. Selon le document, ces associations se débattent face à de nombreuses difficultés à commencer par des “lois incohérentes” et l’anarchie organisationnelle. Le conseil estime, en effet, que certaines ne respectent pas les procédures légales dans leur création, organisation et gestion. Et dans cette situation, l’engagement de transparence devient “limité” et certaines s’éloignent de leur mission première de s’ouvrir sur l’école et son environnement. 

Face aux maux, les traitements. Le conseil recommande, entre autres, la révision du cadre législatif de ces associations de façon à les soumettre à un statut unifié, à veiller à la tenue d’assemblées générales régulières et à présenter des rapports d’activités. Elles sont également appelées à instaurer des outils de transparence, à agir dans la lutte contre l’abandon scolaire et à construire une relation effective entre les parents d’élèves et les écoles. Elles doivent, par ailleurs, s’impliquer dans la dynamique de l’établissement en apportant des proposition et des conseil notamment en ce qui concernent l’emploi de temps des élèves. Et devenir ainsi un partenaire à part entière dans la construction de l’école d’équité et de qualité.