MAROC
23/10/2018 11h:50 CET

Les anciennes médinas de Salé, Meknès, Tétouan et Essaouira bientôt rénovées

Un investissement de 2,35 milliards de dirhams.

Getty

RÉNOVATION - Coup de jeune annoncé pour plusieurs anciennes médinas du royaume. Un programme de réhabilitation et de valorisation, dont l’enveloppe budgétaire du projet s’élève à 2,35 milliards de dirhams, qui concernera les médinas de Salé, Meknès, Tétouan et Essaouira a été dévoilé, le 23 octobre à Marrakech, lors d’une cérémonie de présentation présidée par le roi Mohammed VI, rapporte la MAP. 

Le programme, qui s’étalera sur 5 ans, vise non seulement à mettre à niveau ces anciennes villes pour en faire de véritables pôles touristiques et économiques mais aussi à améliorer les conditions de vie de leurs habitants et les revenus des artisans, selon le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, qui a présenté le projet lors de la cérémonie.

D’après Laftit, les précédents travaux réalisés sur Salé et Meknès n’avaient pas permis d’atteindre les objectifs escomptés notamment en raison de changements substantiels qu’a connus le tissu urbain de Salé, de la détérioration de plusieurs de ses monuments historiques à cause de facteurs naturels et humains, mais aussi de l’importance de la superficie de la médina de Meknès.

Les plus grands budgets ont donc été alloués à ces deux villes. La rénovation de la médina de Salé mobilisera ainsi un total de 900 millions de dirhams dont 400 millions proviennent du Fonds Hassan II pour le développement économique et social, tandis que la médina de Meknès se verra attribuer une enveloppe de 800 millions de dirhams dont 300 millions provenant du Fonds Hassan II.

Les anciennes villes de Tétouan et d’Essaouira, dont le résultat des anciens travaux à été positif, bénéficieront quant à elles de programmes complémentaires de réhabilitation et de valorisation. Un total de 350 millions de dirhams, dont 200 du Fonds Hassan II, a été alloué à la ville du nord, tandis que la ville des Alizés aura droit a un budget de 300 millions de dirhams dont 150 millions proviennent du Fonds Hassan II. 

Quatre villes, quatre axes de réhabilitation

AIC Press

Selon Laftit, le programme se déclinera en quatre axes. Le premier concerne “la mise à niveau des infrastructures et la mobilité urbaine, à travers l’aménagement des boulevards et des ruelles et la construction de parkings sous-terrains et aériens”. Le deuxième axe comprend le traitement des édifices menaçant ruine notamment les murailles, les portes historiques ou encore les “foundouq”, a précisé le ministre.

L’accessibilité aux activités sociales est pris en compte dans le troisième axe, en construisant des “centres socio-culturels, des services sociaux de proximité et des établissements scolaires modernes.“

Enfin, le quatrième axe porte quant à lui sur l’attractivité économique et touristique de la ville en rénovant les ruelles commerçantes, les “Kissarias” et les “foundouq”, mais aussi en mettant en place deux parcours touristiques qui traversent tous les monuments historiques de l’ancienne médina.

Le groupe Al Omrane se chargera d’une partie des travaux de rénovation, conformément aux quatre conventions signées lors de la cérémonie, notamment la restauration des portes historiques, des murailles, d’autres espaces dans la médina.

Lors de sa visite à Marrakech, le roi a également lancé un autre projet de réhabilitation de l’école Sidi Abdelaziz dédié au renforcement des compétences des femmes artisanes. Le centre bénéficiera d’un investissement de 10,9 millions de dirhams et offrira à ces femmes un espace pour se former aux anciens métiers d’art marocain, dont certains sont menacés de disparition.

Ces projets de restauration constituent le prolongement d’un programme global lancé le 14 mai dernier concernant la valorisation des anciennes médinas de Rabat, Casablanca et de Marrakech et du programme complémentaire pour la valorisation de l’ancienne médina de Fès.