ALGÉRIE
13/09/2019 17h:28 CET | Actualisé 14/09/2019 13h:41 CET

Les Algériens sortent un 30e vendredi: soutien à Karim Tabbou et rejet des élections

Bob Khaled pour le HuffPost Algérie
Bob Khaled pour le HuffPost Algérie

Alger a, de nouveau, été inondée aujourd’hui, 13 septembre 2019. Cette fois-ci, par une déferlante humaine sortie dans les principales artères de la capitale pour rejeter les élections présidentielles que veut imposer le chef d’Etat-major, Ahmed Gaid Salah. Les manifestants, toujours aussi nombreux lors de ce 30e vendredi, dans plusieurs villes du pays, ont également exprimé leur soutien à Karim Tabbou, en détention provisoire depuis hier à la prison de Kolea.

Les protestataires ne cessaient d’affluer des quartiers adjacents du centre-ville de la capitale. Lorsque la première procession, qui a pris naissance à la rue Didouche Mourad avait atteint la rue Abdelkrim Khattabi, une autre marée humaine longeait la Grande-Poste et montaient vers la rue Pasteur. Sur l’esplanade du monument,  quadrillé par un dispositif policier renforcé, quelques centaines de personnes scandaient déjà leur rejet “des élections avec la bande”.

Cette marche intervient suite à l’accélération des préparatifs des élections présidentielles décidées par Gaid Salah, dont la convocation du corps électoral est attendue pour le 15 septembre.

Deux projets de lois organiques, relatifs à la création d’une autorité nationale indépendantes en charges des élections et à l’amendement de la loi électorale ont été adoptés hier par les députés de l’APN, majoritairement dominée par le FLN et le RND, partis rejetés par les manifestants depuis le 22 février. Les deux projets de loi ont été adoptés aujourd’hui par le Conseil de la Nation. 

Le rejet du coup de force a fini par se traduire dans les rues, où un dispositif policier renforcé a multiplié les arrestations, par dizaines, durant la matinée. 

Lorsque les premières lignes de la procession qui descendait de la rue Didouche Mourad atteignait la Grande-Poste, la rue Hassiba était encore vide. A peine un quart-d’heure a suffit aux habitants des quartiers voisins de la Place du 1e Mai, notamment Mohamed Belouizdad et Ruisseau, pour atteindre, en une marée ininterrompue, la trémie menant au Boulevard du Colonel Amirouche.

En dépassant ce boulevard, les manifestants tombaient ainsi une esplanade noire de monde, scandant, en choeur, des slogans hostiles à Gaid Salah, aux élections présidentielles “sous Bedoui et Bensalah” et l’état militaire.

Les protestataires interrompaient, de temps à autre, leurs chants pour pointer du doigt un hélicoptère de la police et scander, “Zoom, zoom, fils de goumier”. Ils reprenaient vite leurs slogans avec un air tantôt jovial tantôt grave. “Allahou Akbar, Karim Tabbou”, scandait-on, ou encore “Ecoute Gaid, un état civil, pas militaire”.

Les manifestants ont exprimé leur solidarité avec Karim Tabbou, coordinateur national de l’Union démocratique et sociale (UDS), parti non agréé. Il a été mis en détention provisoire par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour “atteinte au moral de l’armée”. Une décision de justice largement moquée sur les réseaux sociaux par des internautes algériens.

Son nom était ainsi scandé dans plusieurs rues de la capitale. Son épouse, accompagnée de ses enfants, a également marché à Alger aux côtés des manifestants. 

La rue Didouche Mourad était devenue noire de monde. Les manifestants, très nombreux ce vendredi et confinés par des fourgons des forces de l’ordre, ont eu du mal à avancer entre la faculté centrale jusqu’à la Place Audin. De celle-ci, une autre foule s’étendait jusqu’aux arrêts de bus du quartier de Meissonier, fen bas du quartier de Debussy. On scandait “Les Algériens, Imazighen, ou Gaid Salah Dez m3ahom”.

Ce n’était pas fini. A 15H, d’autres groupes arrivaient encore des quartiers de Bab El Oued et la Casbah, en empruntant le boulevard Zighoud Youcef. Une marée grandiose scandait “pas d’élections, mais plutôt une marche”. 

Sauf surprise, la manifestation de ce 30e vendredi intervient deux jours avant la convocation du corps électoral par le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, suite à la “suggestion” par Gaid Salah. Date devenue, un jour plus tard, “un délai annoncé”. 

Le rejet des élections et le soutien à Karim Tabbou n’ont pas été exprimés que dans la capitale. Plusieurs villes du pays ont connu des manifestations grandioses, durant lesquelles les citoyens ont affirmé leur rejet du scrutin électoral projeté. 

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