ALGÉRIE
22/03/2019 12h:54 CET | Actualisé 22/03/2019 13h:09 CET

Les Algériens bravent la pluie et sortent par milliers contre le pouvoir en place

Zohra Bensemra / Reuters

Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il tonne, les Algériens sont décidés à faire entendre leur voix ce vendredi 22 mars, un mois après le début du mouvement pacifique contre le prolongement du 4e mandat. Ils étaient déjà des milliers dans la matinée de ce 5e acte à se rassembler pour réitérer leurs revendications: non à la feuille de route du président sortant Abdelaziz Bouteflika. “Yetnahaw ga3, ma3net’ha ga3”, scandaient des manifestants.

A la Grande-Poste, ils étaient déjà des centaines peu avant 09H30, à investir, malgré un ciel menaçant les escaliers de l’édifice. Un message fort de la part des premiers arrivés. 

Ils étaient des centaines à occuper les escaliers de l’édifice, banderoles, pancartes géantes brandies tandis que des emblèmes nationaux flottaient dans tous les sens.

Sous les bruits assourdissants des vuvuzelas et les battements de tambours, les manifestants scandaient des slogans contre le pouvoir. “Pouvoir assassin”, “Matzidch d9i9a ya Bouteflika” et “Had cha3b la yourid, Bouteflika ou Said” étaient à peine perceptibles par les dizaines d’autres manifestants, debout plus loin, sur l’esplanade de la Grande-Poste, en train de filmer le spectacle, de discuter avec leurs proches ou tout simplement d’apprécier le moment.

Le jardin de la Grande-Poste était également plein à craquer. Tandis que des citoyens cherchaient abri sous les arbres, d’autres regardaient une pièce de théâtre jouée par des jeunes acteurs en bas des escaliers menant vers un centre commercial fermé depuis plusieurs années.

De là-haut, la foule rassemblée au pied de la Grande-Poste offrait un panaché de couleurs, entre les couleurs nationales, amazighes auxquelles se sont rajoutées les parapluies noires, rouges, jaunes, parfois décordées par les emblèmes nationaux.

A la rue Didouche, on attendait le début de la marche. Rassemblés par groupes, des amis, des familles, drapeaux sur le dos, tenant leurs enfants par la main, affluaient vers la Grande-Poste. D’autres longeaient les immeubles de la rue, préférant se mettre à l’abri sous les balcons.

Salim Mesbah pour le HuffPost Algérie
Tout est bon pour se faire entendre dans les rues d’Alger

Plus loin, après la Place Audin, des jeunes installaient des banderoles, des ballons et différentes décorations sur les façades des immeubles et les échafaudages, en prévision de la marche.

Salim Mesbah pour le HuffPost Algérie
Au 65 rue Didouche Mourad les jeunes ont utilisé les échafaudages en place pour installer leurs banderoles.
Salim Mesbah pour le HuffPost Algérie
Des ballons aux couleurs nationales sont accrochés sur Didouche Mourad.

Tout au long de la route, chaque fast-food ouvert était pris d’assaut par des dizaines de citoyens, qui préféraient manger un morceau en attendant la fin de la prière de vendredi. 

La place Audin étaient également peu à peu investie par les manifestants, devant les cordons des forces anti-émeutes qui bloquaient l’accès au boulevard Mohamed V.

A la Grande-Poste, malgré une pluie de plus en plus intense, la foule n’a pas cessé de s’agrandir. Les véhicules, qui passaient lentement, klaxonnant en solidarité avec les manifestants, se faisaient de plus en plus rare.