ALGÉRIE
17/05/2018 13h:13 CET

Les abattoirs du Sud alertés sur la “maladie du chameau fou”

Selon le directeur du service vétérinaire du ministère de l'Agriculture il n'y a pas encore lieu d'appeler la population à ne plus manger la viande de dromadaires, exceptée pour ceux atteints de symptômes nerveux.

Dani Cardona / Reuters

Le directeur du service vétérinaire du ministère de l’Agriculture, Karim Keddour, a affirmé au HuffPost Algérie avoir pris les “mesures nécessaires” concernant la maladie à prion qui touche les dromadaires en Algérie.

Pour rappel, le HuffPost Algérie a publié, le 9 mai 2018, un article rapportant une découverte scientifique importante de deux chercheurs algériens qui annonce l’existence d’une maladie à prion qui touche les chameaux.

Le travail de recherche, qui s’est fait en équipe avec des scientifiques italiens, est publié par la revue de la prestigieuse institution publique américaine le CDC (Center for Disease Control) Emerging Infectious Diseases.

Jusque-là, le monde de la recherche scientifique n’avait encore jamais établi de présence de ce type de maladie chez les chameaux.

Semblable à celle de la maladie de la vache folle, cette maladie qui touche 3.1% des dromadaires qui parviennent à l’abattoir de Ouargla, pourrait se révéler être très contagieuse et soulève les inquiétudes des chercheurs quant à la probabilité d’une transmission à l’homme.

Pour rappel également, l’un des deux scientifiques algériens à l’origine de cette découverte, le chercheur en génétique moléculaire Semir Gaouar a déclaré dans un entretien au HuffPost Algérie que le ministère de l’Agriculture algérien a “envoyé un avertissement” aux chercheurs algériens lorsqu’il a été informé par son homologue italien de la découverte.

Le Dr Gaouar avait regretté que les autorités algériennes concernées par cette découverte refusent la collaboration de chercheurs comme lui et le docteur vétérinaire Baaissa Babelhadj qui est le premier à avoir suspecté une maladie à prion touchant les dromadaires à Ouargla, ville où il travaille et réside. 

 

“Nous, on n’utilise pas le mot ‘maladie’ mais on parle de découverte d’un ‘prion’”, a de son côté affirmé le directeur du service vétérinaire du ministère de l’Agriculture, qui dans le même temps affirme que “tous les abattoirs qui reçoivent l’abattage camelin” ont reçu instruction d’isoler les dromadaires qui présentent des “symptômes nerveux”.

Selon Karim Keddour, il n’y a pas encore lieu d’appeler la population à ne plus manger la viande de dromadaires, exceptée pour “la viande des dromadaires atteints de symptômes nerveux”.

Ainsi, le ministère de l’Agriculture a cherché à rassurer en affirmant également que ses services vétérinaires sont “en train de mener des investigations: tous les abattoirs qui reçoivent l’abattage camelin, tout le sud, sont concernés, nous sommes en train de collecter les informations pour notre enquête épidémiologique”.

Questionné quant à l’avertissement donné au Dr Semir Gaouar, chercheur affilié à l’Université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen, M. Keddour a répondu: “Nous n’avertissons personne, nous sommes là pour collaborer avec tout le monde”.

Le directeur vétérinaire a également affirmé que son service a pris attache avec le ministère de l’Enseignement supérieur “pour dire que nous voulons travailler ensemble, leur réponse a été que eux aussi étaient bien disposés à le faire”.