ALGÉRIE
13/12/2015 09h:22 CET | Actualisé 13/12/2015 09h:36 CET

Ouverture du festival du film engagé d'Alger: Les 18 vaches fugitives, ou les vaches de la première intifada, ouvre la marche

Et si l''armée la plus puissante au moyen Orient était réduite à...la poursuite de vaches laitières?

C'est ce fait historique invraisemblable que remet à la surface le documentaire d' Amer Shomali et de Paul Cowan projeté en ouverture du festival du film engagé d'Alger samedi soir. Tiré de d'une histoire vraie gravée dans la mémoire collective palestinienne, l'oeuvre mêle ingénieusement témoignages, archives de la première intifada et séquences d'images animées.

Tout commence avec les débuts de la première intifada en Palestine en 1987. pour la première fois depuis la défaite arabe en 1973, les Palestiniens se remettent à rêver. Avec chaque pierre jeté par les jeunes sur les soldats de l'occupation, le rêve semblait presque réel.

Pour la première depuis qu'on leur a spolié leurs terres en 1948, ils se croient maîtres de leurs destins et commencent à réfléchir aux voies et moyens de transformer la révolte des pierres en révolution libératrice.

A Beït Sahour, ce petit village chrétien près de Beït Lehm occupée, les Palestiniens réfléchissent à comment donner un sens à l'explosion des jeunes dans la rue. Et le boycott des produits israéliens jaillit comme une lumière. "On ne mangera plus que ce que l'on produit ". On commence alors à travailler la terre, aménager de petits lopins et les bêcher pour y cultiver ce l'on mange. Reste un problème. Les villageois de Beit Sahour achètent leur lait chez les Israéliens. Ils n'ont jamais eu de vaches laitières. Et c'est à ce moment précis que l'on décide d'acquérir des vaches dont on ignore tout.

Des vaches "terroristes"

On achète alors 18 vaches israéliennes. Des vaches laitières comme les autres qui, ailleurs dans le monde, n'auraient pas mérité une ligne dans un journal et encore moins un documentaire de 75 min.

Mais en cette année 1987, le destin des 18 vaches est intimement lié à celui des habitants de Beit Sahour. Les 18 vaches laitières, deviennent malgré elles, un des symboles de la désobéissance civile à l'occupant israélien.

S'improvisant fermiers, les villageois de Beit Sahour ont appris à traire les vaches pour subvenir aux besoins de tout le village. Ils peuvent, du coup, boycotter les produits d'une compagnie laitière israélienne et manifestent en refusant de payer des impôts à l'occupant.

Alliant animation et témoignages de personnages réels, Les 18 fugitives, raconte cette première intifada à Beit Sahour du point de vue des vaches, déclarées "ennemies public numéro un d'Israël" et celle d'une population qui a resisté du mieux qu'elle pouvait jusqu'aux accords d'Oslo.

Les vaches incarnent, dans le fil de Amer Shomali et Paul Cowan, l’ingéniosité et la résilience de l’Intifada palestinienne.

Drôles et touchantes, elles sont présentées comme des personnages animés au caractère bien trempé et au point de vue bien tranché.

Le film donne aussi la parole aux acteurs du moment, résistants palestiniens, ceux qui ont lancé la coopérative, leur famille, leurs amis, et à tous ceux dont la vie a été bouleversé par cette histoire.

Amer Shomali donnent aussi la parole aux soldats israéliens. Chose qui lui a été reproché. Avoir donné un visage à l'occupant c'était de le rendre humain.

Ce film d'un fils de réfugié palestinien, défend avec beaucoup d'humour l'intelligence et la force de la résistance des Palestiniens.

"L'occupation c'est le plus grand mal que puisse subir un être humain" et c'est un des acteurs de la première inifada qui le réaffirme 30 ans plus tard.

L'ouverture du festival du film engagé s'est faite a eu lieu samedi soir à la salle El Mougar en présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi. Le coup d’envoi de cette édition a été marqué par une cérémonie-hommage à la mémoire du cinéaste et documentariste décédé en 2015, Malik Ait Aoudia,

Dans son allocution, le ministre de la Culture a souligné l’importance des manifestations cinématographiques, dont le Festival du

Dix-neuf films entre documentaires longs métrages de fiction sont au programme de cette édition qui se déroulera simultanément à la salle El Mouggar et la Cinémathèque d’Alger.

Galerie photo "El'Batoir" Voyez les images

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