TUNISIE
03/07/2018 17h:20 CET | Actualisé 04/07/2018 16h:15 CET

L’équipe nationale de rugby du Zimbabwe contrainte de dormir dans la rue en Tunisie, la fédération présente ses excuses

La sélection du Zimbabwe a passé la nuit dans la rue en Tunisie avant son match contre la sélection tunisienne dans le cadre de la Rugby Africa Gold Cup.

SIMON MAINA via Getty Images

Plus rien ne se cache grâce à internet et les réseaux sociaux aujourd’hui. Voilà qu’un nouveau scandale fait couler beaucoup d’encre en Tunisie. Il s’agit des images montrant des joueurs de l’équipe nationale de rugby du Zimbabwe dormant dans les rues de Tunis, partagées sur les réseaux sociaux.

L’équipe nationale de rugby du Zimbabwe, en Tunisie pour rencontrer l’équipe nationale tunisienne dans le cadre des éliminatoires de la coupe du Monde 2019, a fini par se retrouver dans la rue et sans logement. Les joueurs, ont préféré dormir dans la rue car le logement mis à leur disposition a été jugé “dégoûtant” et inapproprié. 

Tout a commencé à l’aéroport. En effet, le staff de l’équipe nationale de rugby du Zimbabwe à son arrivée été contraint de passer 6 heures à la frontière où les autorités ont pris les passeports des joueurs, sous prétexte que chacun doit payer les frais de visa estimés à 20 Euros, soit un montant total de 600 euros pour toute l’équipe.

Dans une déclaration à Capitalk FM, le troisième ligne de l’équipe a expliqué que c’est le sélectionneur qui a payé avec son propre argent de quoi manger et boire à tout le monde. “C’est frustrant et écœurant” a-t-il conclu dans la même déclaration.

David Coltart, ancien ministre zimbabwéen de l’Éducation, du sport et de la culture a écrit sur son compte Facebook, suite à cet incident “Comment pouvons-nous permettre à ce que notre équipe nationale, nos porte-drapeaux, soit traitée comme ça? Que fait le ministre des Sports à ce sujet? Notre plus proche ambassadeur peut-il nous aider? Trudy Stevenson – pouvez-vous?” exprimant, ainsi, sa déception et mécontentement face à une pareille situation et apostrophant Trudy Stevenson, ambassadrice du Zimbabwe en Gambie et au Sénégal.

Selon un communiqué rendu public par Rugby Afrique - la Confédération africaine de rugby-, la Fédération tunisienne a rassuré le ministère zimbabwéen des Sport et la fédération zimbabwéenne de rugby, en affirmant qu’une solution a été trouvée ce matin. “La Fédération de Tunisie a fait visiter un autre hôtel à la sélection du Zimbabwe et il a été accepté” lit-on.

“Je m’excuse au nom de la Fédération tunisienne de rugby, nous sommes fiers d’accueillir des tournois Rugby Afrique chaque année et nous mettons tout en œuvre pour répondre aux meilleurs standards internationaux en termes d’hébergement et d’autres infrastructures. Quelque chose s’est mal passé et je suis désolé, mais cela a été corrigé ce matin en consultation avec l’équipe de direction des Sables. Je peux vous assurer qu’il n’y avait absolument aucune intention de déstabiliser nos adversaires et nous ferons tous les efforts possibles pour nous assurer qu’ils ont une bonne préparation avant le match de samedi” a affirmé pour sa part Khaled Babbou, membre Exécutif de Rugby Afrique.

Pour sa part, le président de Rugby Afrique Abdelaziz Bougja, a affirmé que ce n’était en aucun cas une tentative de déstabilisation de l’adversaire. “La Fédération tunisienne a notre confiance, ils sont des partenaires de longue date, accueillant plusieurs matches et tournois en notre nom chaque année, je sais que l’hospitalité est importante pour eux et ils ont pris cette question très au sérieux et la rectifient. Le bien-être des joueurs est au cœur de nos préoccupations, alors nous ne prenons pas cela à la légère. Nous souhaitons aux deux équipes le meilleur pour le match de samedi.compétition” a-t-il expliqué. 

Khaled Babbou, membre Exécutif de Rugby Afrique, s’est déplacé à Béja pour inspecter les installations et rencontrer l’équipe zimbabwéenne.

Réagissant à cette polémique, la Fédération Tunisienne de Rugby a publié un communiqué dans lequel elle explique que la délégation du Zimbabwe a démarré les scandales dès son arrivée. ” En effet, le team manager a refusé de payer les frais de visas d’entrées sur les territoires tunisiens (60 dinars par personne) ... chose qui a infligé une longue attente aux membres de la délégation et un retard de plus de quatre heures,” souligne le communiqué. 

La Fédération indique que “vers le coup de 23H00, le team manager Zimbabwéen a émis des réserves quant à l’état de la salle de bain de l’une des chambres, à l’absence d’une piscine et à la faiblesse du débit internet. Ainsi, il a commencé à parler de quitter l’hôtel sous prétexte qu’il n’est pas décent.
L’intervention rapide du président et de trois membres de la commission d’organisation n’était pas suffisante pour le calmer et le convaincre de passer le restant de la nuit à l’hôtel, lui assurant de trouver des solutions le lendemain matin avec la possibilité de changer d’hôtel. Hélas, il a demandé à tous les membres de la délégation de faire sortir leurs bagages, de quitter l’hôtel et de passer la nuit dehors à même le sol. Malheureusement, les responsables locaux ont beau essayé avec ce chef de délégation mais sans issues”.  

Ainsi après de longues tractations, le comité d’organisation et des membres de la fédération Tunisienne ont réussi à transférer l’équipe du Zimbabwe à un autre l’hôtel à Nefza, “où ils ont émis leur satisfaction avec des excuses auprès du président de la commission d’organisation,” précise le communiqué. 

Face à cette situation, la Fédération Tunisienne de Rugby “a exprimé son profond regret pour tout ce qui s’est passé et déploré fermement les agissements antisportifs et anti-éthiques de la délégation Zimbabwéenne qui ne reflètent pas les liens solides d’amitié entre les deux pays”.

Elle confirme à travers son communiqué que “la Tunisie est, et sera toujours un pays d’accueil et d’hospitalité chose qu’elle a toujours prouvé et qui fait et fera sa fierté”.

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