MAROC
16/05/2018 16h:52 CET

L'enquête sur Tariq Ramadan s'étend à trois autres pays selon le JDD

La brigade criminelle a été saisie pour cette affaire.

MEHDI FEDOUACH via Getty Images

JUSTICE - Du nouveau dans l’affaire Tariq Ramadan. Selon le JDD, la brigade criminelle a été choisie par les juges d’instruction pour prendre en charge le dossier, jusque-là traité par le 2e district de la police judiciaire à Paris. Une décision prise “en raison de l’importance des investigations” à mener, notamment à l’étranger, précise le média français.

Trois commissions rogatoires ont par ailleurs été délivrées par les juges d’instruction en Suisse, en Belgique et en Grande-Bretagne,indique encore le JDD, afin d’élargir l’enquête sur les accusations de viols et agressions sexuelles portées contre le théologien suisse.

La commission rogatoire est une mission déléguée par un juge d’instruction à une autre autorité judiciaire, qui peut être étrangère, et permet à cette dernière d’instruire et chercher des preuves dans une affaire.

“Entraide internationale”

L’islamologue de 55 ans, derrière les barreaux depuis février, est poursuivi par trois plaignantes en France et une en Suisse. “Grâce à l’entraide internationale, les auditions devraient être menées en coordination entre la Suisse et la France”, annonçait le média suisse RTS la semaine dernière. “Les avocats et procureur genevois pourraient ainsi se déplacer à Paris pour interroger Tariq Ramadan, toujours incarcéré dans la prison de Fresnes” depuis son transfert de la prison de Fleury-Mérogis.

Par ailleurs, les plaignantes françaises pourraient également être interrogées par les juges suisses, de même que les femmes “qui ont témoigné d’abus de la part de l’ancien professeur de français alors qu’il enseignait au Collège de Saussure à Genève”, souligne le média suisse. Ces derniers faits, qui se seraient déroulés dans les années 80, sont néanmoins prescrits.

Professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford en Grande-Bretagne, il avait été mis en congé de cet établissement en novembre dernier suite aux accusations dont il fait l’objet. Une plaignante belge d’origine marocaine affirme par ailleurs avoir accepté de se taire au sujet d’une relation extraconjugale qu’elle aurait entretenue avec Tariq Ramadan moyennant 27.000 euros de la part du théologien. Un accord conclu devant la justice belge en 2015.

Audition le 5 juin

Le 22 mai, la chambre d’instruction doit se prononcer sur l’appel déposé par l’avocat de Tariq Ramadan au sujet du rejet de sa demande de mise en liberté à cause de son état de santé. L’islamologue, atteint d’une sclérose en plaques, s’était vu refuser début mai sa demande de sortie de prison. Tariq Ramadan, qui nie tous les faits dont il est accusé, doit être entendu le 5 juin.