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05/04/2019 16h:37 CET | Actualisé 05/04/2019 16h:37 CET

L'engagement des jeunes : un choix ou un devoir ?

C’est par du concret que se gagne les batailles des peuples. Les rêves doivent dépasser les slogans des pseudo-politiciens, c’est par du travail dur que se réalisera la justice sociale.

FETHI BELAID via Getty Images

Je viens d’une génération qui résume l’objectif ultime de son existence en un diplôme, un bout de papier, perçu comme dernière ligne droite de sa vie, ayant à l’esprit, que le simple fait d’avoir réussi ses études la dispense de ses responsabilités.

Ce qui en résulte, une jeunesse qui rejette sa citoyenneté et revendique ses droits, notamment le droit à l’emploi. On nous a inculqué l’importance des études, dans le but d’étudier mais pas de constituer une vision d’un futur qui nous appartient, ni même de forger la vocation citoyenne de notre existence.

Le but est souvent de s’assurer un minimum de confort, relatif à chacun, mais associé souvent à un salaire qui permet de s’assurer une vie « branchée » et finir par se conformer à une image sociétale qui ne correspond pas forcément à nos valeurs et à nos convictions. On ne cherche alors qu’à se fondre dans ce qui est « socialement correct ».

Un diplôme obtenu avec un tel état esprit ne peut qu’amenuiser sa juste valeur et favoriser le déphasage entre les attentes du jeune diplômé et celle du marché de l’emploi.

Une fois sur le marché de l’emploi, si le jeune diplômé réussit à décrocher un poste, il se retrouve donc confronté à la vie professionnelle et sociale, ainsi qu’au quotidien tunisien atroce causé par la situation socio-économique actuelle qui suscite plusieurs débats. Il pointera, donc, du doigt tous les facteurs confondus, sans jamais songer à une remise en question constructive pour définir sa part de responsabilité et de complicité.

L’unique remède à sa frustration ne sera probablement ni la création, ni l’innovation mais plutôt une alternative élémentaire qui consiste en son refuge de et en son départ à l’étranger, pour découvrir par la suite que l’étranger n’a jamais été synonyme d’idylle, et que l’immigration en sa juste valeur ne sera pas la solution, bien qu’elle soit une expérience de vie enrichissante.

Il comprend que le sens qui manquait à sa vie est un résultat déterministe de sa nonchalance, sa renonciation à ses responsabilités et notamment de la négativité de son état d’esprit.

Dans cette optique, je tiens à faire comprendre aux gens qui pleurent l’exil des compétences, que cette dernière n’aura un impact négatif sur le pays que si “la personne compétente” soit une citoyenne, ayant un état d’esprit positif et engagé en faveur de sa patrie.

C’est ainsi que je définirais l’engagement : défendre une cause dont on croit vraiment, exécuter des actions qui aboutissent ou pas, mais au moins avoir l’honneur d’essayer de changer et de concrétiser sa mission de vie.

Le sens de la vie est, donc, conditionné par le degré de l’engagement qui impactera positivement l’entourage, la réalité et par la suite le futur, de chaque personne engagée. Je dirais même que l’engagement comble un besoin fondamental et naturel de l’existence de l’individu, qui est celui de l’appartenance.

L’engagement qu’il soit politique, social, culturel ou autre, est indispensable pour un jeune, à la fleur de l’âge, supposé être plein d’énergie. Et c’est par le biais de l’engagement qu’on exerce sa citoyenneté et qu’on tire profit de son vécu et son expérience de vie. Ça permet de contribuer à la définition des traits de la personne qu’on sera, ainsi que le monde où on vivra plus tard.

Le changement révolutionnaire et les actualités tunisiennes émettent un appel clair à l’engagement politique, adressé essentiellement aux jeunes. La jeunesse tunisienne doit impérativement saisir l’opportunité du printemps tunisien, la spécificité tunisienne, mais potentiellement le point lumineux du parcours post-révolutionnaire : la fameuse société civile tunisienne, qui ne cesse de prouver son implication et sa loyauté à la nation.

Cette classe juvénile est invitée, également, à bien se positionner sur le paysage socio-politique pour le renforcer et pour valoriser le rôle salvateur de la société civile.

C’est par du concret que se gagne les batailles des peuples. Les rêves doivent dépasser les slogans des pseudo-politiciens, c’est par du travail dur que se réalisera la justice sociale.

Creuser pour comprendre les enjeux de sa société est primordial, pour bien y vivre et s’y impliquer. L’implication réconciliera les jeunes avec la vie, et leurs permettra d’agir sur les mentalités ancestrales qui conditionnent leur quotidien. Établir un plan d’actions constructif leur rapprochera de concrétiser la conscience idyllique, sur le plan individuel et collectif.

Notre pays a besoin aujourd’hui de tous ces acteurs pour construire une force potentielle capable de converger vers la conquête du pouvoir pour gérer les rênes de l’État et en finir avec l’incompétence généralisée, la corruption vulgarisée et notamment l’opportunisme nauséabond.

De ce fait, l’appel à l’engagement politique est né de l’actualité et de l’esprit du temps.

Aujourd’hui, il s’avère que la vie politique impacte d’une façon immédiate les différents aspects de notre vie, et donc face à une classe politique appauvrie, l’arme ultime du citoyen demeure d’agir et de combler le vide politique, culturel et sociétal.

Aujourd’hui, il est fondamental de prendre conscience de la métamorphose révolutionnaire et d’en tirer profit, d’exercer son rôle de citoyen, chacun dans son domaine, chacun de son côté, il répondra à l’appel du pays.

Pour conclure, l’engagement est donc un besoin existentiel ! L’engagement, de nos jours, est un devoir ! Sa nature peut se discuter et résulte souvent du choix personnel de chacun.

Le non-engagement, quant à lui, associé souvent à un état d’esprit négatif, est un facteur du règne du désespoir et d’une frustration généralisée et ne peut qu’approfondir un vide alarmant que rejette la nature.

Ayons la conscience de notre emprise sur le présent et le futur. Faisons de la société civile un lobby en faveur de la construction d’une démocratie d’un État institutionnel, comme un bon fruit d’un processus révolutionnaire dur mais exemplaire.

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