TUNISIE
05/02/2019 17h:44 CET

L'enfer vécu par les enfants à l' "école" coranique de Regueb décrit par l'INLTP

Nourriture pourrie, privation de sommeil, coups de cravache...

La présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes (INLTP), Raoudha Laabidi, a appelé mardi l’État à lutter contre les associations coraniques en infraction à la loi.

Intervenant lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Instance consacrée au sujet de “l’école coranique” de Regueb, Laabidi a revendiqué une vérification des activités de toutes les associations créées sous le nom des associations caritatives, et dont le nombre est de l’ordre de 1130 associations. Beaucoup d’infractions existent certainement, et sont qualifiées de dangereuses, a-t-elle estimé.

Laabidi a souligné l’impératif d’accroitre les efforts afin de relever les différentes infractions perpétrées contre des enfants dont celles pratiquées à l’encontre des enfants de l’ ”école” de la délégation de Regueb (gouvernorat de Sidi Bouzid).

Des enfants, a-t-elle rappelé ont été victimes de maltraitance et de pratiques inhumaines provoquant des maladies physiques et psychologiques.

Les 42 enfants de “l’école coranique” de Regueb sont âgées entre 10 et 17 ans, a signalé Laabidi. Parmi eux l’on retrouve 1 enfant âgé de 10 ans, 6 enfants de 12 ans, 3 enfants de 13 ans, 12 enfants de 14 ans, 11 enfants de 15 ans, 5 enfants de 16 ans et 4 de 17 ans, a-t-elle précisé.

Deux d’entre eux ont été victimes de viols répétitifs a encore affirmé Laabidi rappelant que les enfants ont été contraints de manger de la nourriture pourrie, privés de sommeil et étaient brutalisés: “Certains d’entre eux ont même été frappés à coups de cravache et de tuyau d’arrosage” a-t-elle décrit. Ils sont aussi victimes de maladies: “Certains cas nécessitent même l’hospitalisation et sont difficilement récupérables” a fustigé Raoudha Laabidi.

Ces enfants maltraités sont dans l’ignorance totale et ne connaissent que des récits coraniques a-t-elle ajouté.

Ils étaient également exploités dans des travaux de bâtiment et de cueillette des olives, a noté Laabidi.

Ces enfants ont été hébergés dans un des centres intégrés de la jeunesse et de l’enfance et un soin adéquat leur a été offert par nombre d’experts, a assuré la présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes.

L’affaire de l’ ”école” de Regueb a éclaté après la diffusion par la chaine El Hiwar Ettounsi d’un reportage sur une ”école” coranique anarchique ouverte dans la délégation de Regueb où séjournaient 42 enfants âgés entre 10 et 18 ans et 27 adultes âgés entre 18 et 35 ans partageant le même internat sans les moindres conditions de sécurité et d’hygiène. 

Ces derniers ont été victimes de maltraitance et d’exploitation dans des travaux agricoles et de bâtiment, déplore un communiqué du ministère de l’Intérieur. 

Ils seraient, également, endoctrinés puisqu’on y inculque des idées et des pratiques extrémistes.

À la suite de cette affaire, dans la soirée du lundi, le chef du gouvernement a décidé de limoger le gouverneur de Sidi Bouzid ainsi que le délégué de Regueb.

 

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