MAROC
18/06/2018 16h:54 CET | Actualisé 18/06/2018 16h:55 CET

L'élection présidentielle en Turquie bousculée par le sort tragique d'un chiot

La cruauté envers les animaux est devenu un thème central de la campagne.

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INTERNATIONAL - La photo est insoutenable. Un petit labrador d’un mois, emmailloté dans des bandages blancs, est devenu le sujet qui fait vibrer la Turquie, à quelques jours de l’élection présidentielle.

Retrouvé dans une forêt par une femme qui donnait à manger aux chiens abandonnés, le petit chiot avait eu les pattes et la queue coupées. Malgré les soins d’un vétérinaire, il est mort quelques heures plus tard. Le coupable, un ouvrier travaillant dans les environs, a été appréhendé le 17 juin.

Le sort du petit chien au pelage noir a révolté la société turque, qui a vu dans ces effroyables sévices la marque d’un problème de société. Sur Twitter, l’émotion s’est exprimée avec le mot-clef #HayvanaSiddetSuctur, en français “La violence contre les animaux est un crime”. De son côté, la célèbre chanteuse pop turque Simge Sağın a dédié toute ses chansons au petit animal lors de son dernier concert.

Un poème en ode au petit chien mort.

 

Un mouvement d’indignation qui ne pouvait pas laisser les candidats à l’élection présidentielle indifférent, alors que le scrutin aura lieu ce dimanche 24 juin. Erdogan, candidat à sa propre succession, s’est largement répandu dans les médias sur cette affaire, expliquant que “protéger les animaux n’est pas seulement un devoir, mais une obligation de notre foi, de notre humanité”.

“Nos amis animaux nous sont confiés par notre Seigneur. Gardons-les, protégeons-les. Avec notre chien Çiko à Kısıklı...”

Sa principale opposante, Meral Aksener, a elle aussi dénoncé l’incroyable cruauté de ce fait divers, tous appelant à renforcer les lois protégeant les animaux.

Message bien reçu du côté du gouvernement: le ministre de la Justice, Abdulhamit Gul, s’est engagé à appliquer une loi punissant de plusieurs années de prison les violences contre les animaux. Un texte resté dans les cartons depuis janvier 2018 qui devrait être très rapidement promulgué... dès que les urnes auront rendu leur verdict. Pour le président turc, dont la marche vers le pouvoir absolu est rendu compliquée par une campagne poussive, le petit chiot est devenu un enjeu de communication de première importance. 

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.