06/04/2018 12h:25 CET | Actualisé 06/04/2018 12h:25 CET

L'économie informelle pèse plus de 20% du PIB, selon la CGEM

Et l’informel de production reste un large pourvoyeur d’emplois.

Damir Sagolj / Reuters

ÉCONOMIE - “L’économie informelle pèse plus de 20% du PIB, hors secteur primaire et 10% des importations formelles”, selon une étude présentée jeudi à la presse par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Réalisée en 2014 par la CGEM, cette étude, intitulée “l’économie informelle/ impact sur la compétitivité des entreprises et proposition de mesures d’intégration”, indique que l’économie informelle impacte de manière variable les secteurs d’activités: 54% dans le textile et habillement, 32% dans le transport routier de marchandises, 31% dans le BTP et 26% dans l’industrie agroalimentaire et tabac, hors secteur primaire. 

Des chiffres plus importants que ceux donnés en 2016 par le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui affirmait de son côté que le secteur informel représentait alors 11,5% du PIB national.

Large pourvoyeur d’emploi

“Avec 2,4 millions d’emplois, l’informel de production reste un large pourvoyeur d’emplois”, souligne l’étude qui affirme que l’économie informelle “crée un manque à gagner pour l’État au niveau fiscal et des cotisations sociales”.

“Les entreprises marocaines perdent également en rentabilité en limitant les investissements et l’innovation alors que les consommateurs finaux souffrent du non-respect des règles d’hygiène et utilisent des marchandises de moins bonne qualité”, poursuit l’étude, précisant que la qualité de l’emploi dans ce secteur se caractérise par la précarité, l’instabilité, l’absence d’avantages sociaux, et un salaire moyen faible.

Selon la CGEM, Les principales mesures retenues comme prioritaires pour accompagner le secteur informel porte sur le renforcement de l’attractivité du formel à travers une meilleure compétitivité des entreprise, l’accompagnement dans l’intégration des unités de production informelles (UPI) à l’économie formelle, la lutte contre les leviers de l’économie souterraine, assèchement de la contrebande et la lutte contre la corruption.

Des “fleurons de l’industrie marocaine” disparaissent

Ces propositions de mesures ont été partagées avec les principales parties prenantes notamment le Haut commissariat au plan (HCP), la direction générale des impôts, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, Bank Al Maghrib, le ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique et le ministère de l’Intérieur. 

Damir Sagolj / Reuters

La CGEM a réalisé cette étude suite au constat que “des fleurons de l’industrie marocaine” disparaissent du paysage, faute de rentabilité et de compétitivité ou à cause de la concurrence déloyale et consécutive de l’informel, qui biaise les conditions du marché intérieur national. 

L’objectif attendu des recommandations de cette étude est de rendre le secteur formel plus attractif que le secteur informel et non de s’attaquer aux emplois qui sont en majorité en bout de chaîne

L’étude a mis à contribution les fédérations professionnelles, chefs d’entreprises et les représentants des pouvoirs publics. Un comité de pilotage représentant les principaux secteurs et les Commissions concernées par l’informel, a suivi les différentes étapes de sa réalisation.