TUNISIE
01/01/2019 11h:17 CET

Le wabi-sabi, un art de vivre pour être heureux avec peu

En quête d'une bonne résolution pour 2019? Ce mode de vie, tout droit venu du Japon, veut vous faire aimer la vie et ses imperfections avec humilité.

Le HuffPost

BIEN-ÊTRE - Ça y est. Nous y sommes. La nouvelle année vient de commencer. Peut-être avez-vous déjà réfléchi à une bonne résolution pour 2019, ou peut-être pas. Pour toutes les personnes qui sont dans ce second cas, il n’est pas trop tard. Si votre premier vœu consiste à adopter un mode de vie pour être plus heureux ces douze prochains mois, le concept qui suit peut vous séduire. Son nom? Le wabi-sabi.

Il ne nécessite aucun achat, ni aucun véritable sacrifice (matériel, en tout cas). Vous disposez déjà de tout ce qu’il faut. “C’est un mode de vie qui célèbre l’art de la perfection imparfaite: la beauté qui se cache dans l’inhabituel, les lieux ou les objets passés de mode qu’on néglige parfois ou qu’on n’apprécie pas”, détaille l’auteure américaine Julie Pointer Adams, dans Le livre du wabi-sabi, paru aux éditions First, au mois de novembre.

Dit comme ça, cela paraît un peu flou. Comme le hygge, un art de vivre danois enclin à la sérénité et au calme, le concept du wabi-sabi est un poil difficile à définir. Il tient son nom de la juxtaposition de deux mots japonais. Le premier, “wabi”, signifie la simplicité, l’humilité et une vie en harmonie avec la nature. Quant au second, “sabi”, c’est une référence au temps qui passe et à l’authenticité.

 

SCHON & PROBST/PICTURE PRESS VIA GETTY IMAGES

 

C’est une définition du bien-être à la japonaise. L’idée: se contenter de ce qu’on a pour être heureux, sans chercher à être parfait. Pour Julie Pointer Adams, le “wabi-sabi” est d’une nécessité absolue au regard de notre société. “Nous sommes saturés d’images de ‘perfection’ dans les magazines ou sur les écrans [...]”, détaille l’adepte dans son ouvrage.

Se concentrer sur l’essentiel

Dans la vie de tous les jours, il se traduit de plusieurs façons. À commencer par notre manière de nous comporter. L’une des idées phares est de se concentrer sur l’essentiel et d’oublier le reste. Pour y arriver, Julie Pointer Adams conseille d’examiner ses priorités et de renoncer à certaines choses.

“Au lieu de remplir son agenda d’innombrables rendez-vous pour boire un café, il vaut mieux se ménager un dimanche libre pour avoir le temps de manger, de lire et de partager de bons moments avec des êtres qu’on aime vraiment, conseille cette dernière. [...] On peut aussi simplement se garder une soirée par semaine pour inviter quelqu’un à dîner.”

 

SCHON & PROBST/PICTURE PRESS VIA GETTY IMAGES

 

Ce dernier exemple est important. Il soulève une thématique qui est chère au wabi-sabi. Laquelle? L’hospitalité. Recevoir et accueillir chaleureusement quelqu’un est l’un de ses grands principes. Il va de pair avec le sentiment d’humilité.

Au Japon, par exemple, les hôtes s’inclinent à l’arrivée d’un invité. En France, nous ne faisons pas beaucoup ça. Mais nous pourrions trouver des alternatives. Pourquoi ne pas ramener la personne en voiture chez elle, même si elle habite à des kilomètres? Ou encore, pourquoi ne pas prêter des chaussons à ses hôtes quand ils entrent chez nous?

Laisser vieillir les objets

 

Cette humilité, on la retrouve aussi chez soi, dans la décoration de sa maison (ou de son appartement). Le wabi-sabi est un mode de vie qui vise à privilégier la qualité et la durabilité. “Cela signifie avoir des objets qui se bonifient avec l’âge et qui peuvent être facilement réparés”, explique Julie Pointer Adams.

Elle poursuit: “Ces objets sont souvent fabriqués avec des matériaux que je considère comme humbles, car ils sont bruts et naturels et nécessitent peu d’être transformés avant d’être utilisés, tels le bois, la laine, l’argile, le papier kraft, le bambou, le lin, le cuir, la pierre, les végétaux tressés et le fer”.

 

SCHON & PROBST/PICTURE PRESS VIA GETTY IMAGES
Wabi-Sabi Living Concept, Dining Table with Candles

 

Mais ces matériaux coûtent cher. Investir dans ces derniers implique une chose: renoncer à d’autres achats. Mais c’est bien là, l’un des fondement de cet art de vivre, à savoir “posséder moins mais mieux”. Attention, toutefois. Cela ne veut pas forcément dire s’offrir un vêtement ou un meuble “de créateur”. Non, l’idée est de se procurer un objet qui, pour sûr, s’embellira avec le temps. Une manière, aussi, de trouver de la valeur dans les moindres recoins de sa maison.

Cependant, pas la peine de vous débarrasser de tout le reste des objets qui ne rentrent pas dans les critères. Apprenez à les voir vieillir différemment. Même si le wabi-sabi s’accompagne d’une esthétique particulière, le but est plutôt “d’apprendre à apprécier les objets que vous possédez sans ressentir constamment le besoin d’en acheter d’autres”.

 

FIRST ÉDITIONS

 

“Le livre du wabi-sabi, L’art du parfaitement imparfait”, par Julie Pointer Adams, aux éditions First.

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