TUNISIE
27/09/2018 14h:25 CET | Actualisé 27/09/2018 16h:37 CET

Le très controversé ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini calme le jeu en Tunisie

Salvini se défend après ses propos controversés sur les migrants tunisiens.

FETHI BELAID via Getty Images

Le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini est en visite officielle en Tunisie le 27 septembre. Sulfureux, le chef du parti d’extrême droite La Ligue du Nord, a rencontré le président de la République, Béji Caid Essebsi ainsi que le ministre de l’Intérieur Hichem Fourati. 

À la suite de sa rencontre avec Fourati, Salvini a déclaré que l’objet de leur entretien était l’immigration, la sécurité et la lutte contre le terrorisme et le développement économique. (vidéo ci-dessous) 

 

Des propos réitérés lors de sa visite au président de la République, où le ministre de l’Intérieur italien a insisté sur la nécessité de relever ensemble les défis du bassin méditerranéen. Selon le communiqué de la présidence de la République, Salvini a exprimé son admiration de la réussite du modèle démocratique tunisien, le considérant comme un facteur encourageant les investissements italiens en Tunisie. 

Au-delà de ces échanges hautement diplomatiques, la visite de Salvini intervient dans un cadre de relations tendues entre les deux pays. Les médias tunisiens rapportent le refus du chef du gouvernement Youssef Chahed de rencontrer son hôte italien. 

Or selon une source officielle italienne a affirmé au HuffPost Tunisie qu’ “il s’agit d’une visite de courtoisie et non d’une visite officielle. Dans le protocle, Matteo Salvini est tenu de rencontrer le président de la République et son homologue ministre de l’Intérieur”.

“Cependant, une rencontre était prévue à 13 heures avec le chef du gouvernement tunisien mais malheureusement Matteo Salvini a dû écourter sa visite à cause d’un conseil des ministres organisé en urgence en Italie” a ajouté la même source.

Des propos forts

Il faut dire que Salvini ne mâchait pas ses mots contre les migrants tunisiens arrivés en masse en Italie. 

En juin dernier, il déclarait que la Tunisie est un pays libre et démocratique mais il n’exporte que des “délinquants” et des “ex-détenus”. Des propos qui ont provoqué une levée de boucliers côté tunisien.

En Tunisie, Salvini se défend en affirmant que ses propos ont été sortis de leur contexte. Le ministre italien avance que son pays rapatrie les migrants irréguliers tunisiens de manière respectueuse. A noter que selon les chiffres du ministère italien de l’Intérieur, environ un quart des 21 000 migrants admis en Italie en 2018 sont originaires de la Tunisie. 

Depuis son désignation à la tête du ministère de l’Intérieur italien, Salvini a multiplié les déclarations anti-immigration, se voulant ainsi l’emblème de la politique de la fermeture des frontière en Europe, quitte à froisser les homologues européens.

 

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