MAROC
11/06/2018 12h:08 CET

Fin prêt, le tracé du futur gazoduc entre le Nigeria et le Maroc a été présenté à Rabat

Le projet a été présenté devant le roi et le président nigérian.

MAP

COOPÉRATION - On en sait un peu plus sur le projet de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc. À l’occasion du passage du président nigérian Muhammadu Buhari dimanche 10 juin à Rabat, le tracé du futur pipeline qui traversera l’Afrique d’est en ouest a été présenté par Farouk Garba Said, directeur général de la Compagnie de pétrole nationale nigériane (NNPC) et Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), face au roi Mohammed VI et au président du Nigeria.

“Les parties nigériane et marocaine ont travaillé de manière efficace et constructive afin de s’assurer que l’étude de faisabilité du gazoduc, qui est la première phase de ce projet stratégique, soit réalisée par le contractant de manière professionnelle et conformément aux meilleures pratiques internationales”, ont assuré les deux responsables du projet.

Plusieurs tracés ont été évalués jusqu’ici: “le premier est un tracé offshore, le second est un tracé onshore qui longe la côte. Tandis que le troisième est un tracé mixte”, ont-ils souligné. C’est ce dernier tracé, combinant onshore et offshore, qui a été choisi “pour des raisons d’ordre économiques, politiques, juridiques et sécuritaires”, ont-ils indiqué.

“Le gazoduc mesure approximativement 5.660 km et son CAPEX (le total des dépenses d’investissement, ndlr) a été défini”, ont-ils poursuivi, notant que la construction devrait se faire en plusieurs phases et répondre aux besoins croissants en énergie des pays africains traversés et de l’Europe au cours des 25 prochaines années.

Le projet du gazoduc Nigeria-Maroc, conçu durant la visite d’État du souverain marocain au Nigeria en décembre 2016, permettra de connecter les ressources gazières nigérianes aux pays de l’Afrique de l’Ouest et au Maroc, pour ensuite desservir l’Europe. Le 15 mai 2017, un accord de coopération a été signé à Rabat, engageant les deux parties à parrainer conjointement une étude de faisabilité ainsi qu’une pré-étude de détail (FEED).

Cette deuxième phase est la prochaine étape du projet. Elle consistera à signer des protocoles d’accord avec les États traversés et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à valider les volumes disponibles pour l’Europe par les majors au Nigeria et par la Compagnie de pétrole nationale nigériane, à entamer les discussions avec les opérateurs du champ gazier “Tortue” au large du Sénégal et de la Mauritanie, et à approcher les clients européens potentiels.

Les estimations de coûts d’investissements et d’exploitation doivent également être affinés, et les discussions avec les banques internationales de développement doivent être entamées pour tester leur disposition à financer ce projet, ont encore indiqué les responsables du projet.

La construction du gazoduc vise à intégrer les économies de la sous-région, à réduire le “torchage” - ou brûlage - du gaz et à diversifier les sources d’énergie des pays traversés, ont-ils détaillé. Le gazoduc permettra également de contribuer à la lutte contre la désertification “en utilisant le gaz comme forme d’énergie fiable et durable dans la sous-région”, et à créer de la richesse et à réduire la pauvreté “en ouvrant des opportunités de croissance économique dans la sous-région”, ont-ils fait valoir.

Le lancement de cette infrastructure intervient alors que le Maroc planche sur la mise en place d’un vaste plan gazier: “Gas to power”. Celui-ci vise à faire passer la consommation de gaz naturel du Maroc à 5 milliards de m3 en 2025 (contre 0,9 milliard de m3 en 2014) pour produire de l’électricité et fournir l’industrie.

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