TUNISIE
22/10/2018 16h:47 CET

Le torchon brûle entre le maire de la Marsa et le gouverneur de Tunis: Retour sur l'affaire

Qui aura le dernier mot?

Le bras de fer qui oppose le maire de la Marsa, Slim Mehrezi, et le gouverneur de Tunis, Chedly Bouallègue continue d’alimenter les discussions et se caractérise par une guerre de communiqués et une large mobilisation citoyenne qui risque de faire des dégâts.

Cette affaire qui tourne autour de la légalité d’une construction “anarchique” à la Marsa semble être le prochain cheval de bataille du maire, récemment élu.

En effet, entre manoeuvres juridiques, abus d’autorité, dossier de corruption...cette affaire remet en cause le rapport de force entre le pouvoir central et le pouvoir local. Qui aura donc le dernier mot?

Retour sur les faits

En date de 3 octobre 2018, une décision municipale a été émise ordonnant la mise sous scellé d’une construction sans autorisation d’un bâtiment dans la région de la Marsa. Ce bien, composé d’un spa, d’une pâtisserie et d’un salon de thé, aurait enfreint le code de l’aménagement territorial. “Tous construits sans autorisation municipale et sans respect des dispositions du plan d’aménagement de ce quartier à vocation résidentielle,” révèle la municipalité de la Marsa dans un communiqué rendu public. 

Un huissier de justice a été chargé ainsi de mettre sous scellé le bâtiment en question. L’opération était prévue pour le 17 octobre 2018.

Entre temps, le contrevenant s’était opposé à la décision municipale de démolition et a déposé une requête auprès du gouverneur de Tunis. Ce dernier a notifié sa suspension de l’exécution, par courrier transmis au Maire de la Marsa et a décidé de poursuivre la municipalité de la Marsa devant le Tribunal administratif.

De ce fait, “la municipalité de la Marsa a décidé de s’en tenir à légalité de la mise sous scellé du bien immobilier en question dans le respect des principes de l’Etat de droit et d’égalité de tous devant la loi,” précise le communiqué de la dite municipalité.

Et d’ajouter que la construction en question a fait l’objet de deux décisions municipales de démolition en 2016 qui n’ont pas été appliquées à ce jour.

L’affaire fait rage

Cette affaire est loin d’être passée inaperçue. Une pluie de commentaires et de réactions de la part des habitants de la Marsa est en train de submerger la toile notamment après l’intervention du gouverneur sur la chaîne Al Hiwar Ettounsi. Ce dernier a accusé le maire de la Marsa, épaulé par le soutien de la société civile, de troubler l’ordre public. Il a même qualifié ceux qui sont au rang du maire de “milice”. Chose qui n’a pas du tout plu au collectif des associations de la société civile de la Marsa (CASCM) qui a exprimé, dans un communiqué de presse, son mécontentement et son indignation d’être comparé à une milice en rappelant que le Collectif ayant toujours respecté les lois de la République en menant tous les combats pacifiques à La Marsa depuis 2011.

“Nous soutenons les causes justes avec pour principe l’application de la loi contre tous ce qui nuit à la ville, slogan que nous avons scandé depuis 2011,” souligne-t-il.

Tous ou presque semblent être du côté de leur maire en dénoncent une affaire de corruption et critiquant l’agissement du gouverneur de Tunis.

“Il est étonnant de constater la focalisation du gouverneur et du contrevenant sur la personne du maire qui pour la société civile n’ est que le chef de file d’un conseil municipal composé de 30 élus qui sont tous impliqués dans le fonctionnement du conseil municipal. Apprenons les règles démocratiques et arrêtons de personnaliser les affaires,” déplore de son côté Mohamed Douagi, chef de service de réanimation néonatale de l’hôpital militaire de Tunis.

“Oui, je suis membre de la milice facebookienne qui défend le premier conseil municipal élu démocratiquement après l’ indépendance. J’habite à Bhar Lazreg, et je ne suis pas natif d″El Marsa, mais j’aime cette ville et je pense que le nouveau maire pourrait la rendre plus belle,” rétorque au autre citoyen de la ville.

Pour mieux dévoiler les dessous de cette affaire, le maire de la Marsa a décidé d’organiser une conférence de presse ce mercredi 24 octobre au palais Essaâda. Le CASCM a, par ailleurs, lancé un appel à la mobilisation et a fait savoir qu’une manifestation sera tenue le 28 octobre pour dénoncer toutes les “tentatives de déstabilisation et de retour à l’ère des consignes”. 

De son côté, le contrevenant a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il confie avoir “un sentiment de deux poids deux mesures”.

 

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