ALGÉRIE
06/01/2019 10h:36 CET

Le torchon brûle à nouveau entre le Hamas et l’Autorité palestinienne

Suite à une agression perpétrée contre le siège de la Radiotélévision palestinienne à Gaza, Mahmoud Abbas a menacé de dénoncer tous les accords conclus avec le Hamas et de réduire les allocations budgétaires affectées par l’Autorité palestinienne à ce territoire, gouverné par le mouvement islamiste depuis juillet 2007.

ASSOCIATED PRESS

Deux cents personnes appartenant au Fatah, le mouvement du président de l’Autorité nationale palestinienne Mahmoud Abbas, “ont été kidnappés par les services du mouvement Hamas dans la bande de Gaza”, a rapporté ce matin l’agence de presse palestinienne Wafa, qui a publié une liste partielle de ces personnes.

Ces accusations ne sont qu’un des signes de la forte dégradation des relations entre l’Autorité palestinienne, dont le siège se trouve à Ramallah, en Cisjordanie, et le mouvement islamiste, qui gouverne Gaza depuis qu’il en a chassé les représentants de cette Autorité, en juillet 2007. Vendredi dernier, le siège de la Radiotélévision palestinienne dans ce territoire a été attaqué par des hommes armés, subissant d’importants dommages matériels.

L’Autorité nationale palestinienne et le Fatah ont immédiatement mis à l’index le Hamas, lequel, dégageant sa responsabilité de l’agression, l’a fermement condamnée, non sans l’attribuer à des élément d’obédience Fatah qui, d’après lui, protestaient ainsi contre le non-paiement de leurs salaires par cet organisme. Il a également annoncé l’arrestation de cinq personnes impliquées, d’après lui, dans l’attaque. La Radiotélévision palestiniennes’est insurgée contre cette version des faits , s’interrogeant pourquoi les retards accusés dans le paiement des salaires dans les administrations dirigées par le mouvement islamiste ne provoquent pas d’agressions similaires.

Pour rappel, la Radiotélévision palestinienne, financée par l’Autorité nationale palestinienne, n’a repris ses émissions à Gaza qu’en 2011 ; celles-ci étaient interrompues depuis 2007, année de la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas.

Menaces de sanctions budgétaires

Dans des déclarations au Caire vendredi dernier, le président Mahmoud Abbas a menacé de dénoncer tous les accords conclus avec le Hamas et de réduire les allocations budgétaires affectées par l’Autorité palestinienne à la bande Gaza. Peu avant, un autre haut cadre du Fatah, Azzam al Ahmad, avait affirmé qu’il était temps de “prendre des mesures audacieuses afin d’abattre ‘’l’Autorité de la division’’”, non par lequel il désignait le Hamas.

Cette énième crise entre les deux principaux mouvements palestiniens plonge dans le brouillard l’avenir de la bande Gaza, qui, depuis de nombreuses années, subit un dur blocus israélien, ponctué d’offensives militaires destructrices. Surtout, elle rend de plus en plus invraisemblable la “réconciliation nationale palestinienne”, dont le processus a été relancé il y a quelques mois sous parrainage égyptien.