MAROC
21/03/2019 18h:30 CET | Actualisé 21/03/2019 18h:31 CET

Le terroriste qui a fait 50 morts à Christchurch serait venu au Maroc, selon Recep Tayyip Erdogan

Dans une tribune, le président turc livre plus de détails sur le terroriste.

Edgar Su / Reuters
Le 21 mars 2019, un policier passe à côté d'un mémorial de fortune situé à l'extérieur de la mosquée Al Noor à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

ATTENTAT - Dans une tribune publiée ce 20 mars sur le Washington Post, le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné plus de détails sur le terroriste qui a ôté la vie à 50 musulmans lors d’une fusillade dans deux mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande).

On savait déjà que le suspect, Brenton Tarrant, était un Australien de 28 ans. La diffusion de la fusillade en direct sur les réseaux sociaux a permis d’en savoir plus sur l’origine de son idéologie. Dans un manifeste publié sur la plateforme Scribd, le terroriste extrémiste de droite présentait la théorie du “grand remplacement”, théorie conspirationniste et islamophobe en vogue dans les milieux d’extrême droite à travers le monde. Dedans, il racontait son passage en France: c’est ici qu’il avait eu l’idée de commettre son acte terroriste. “C’est là que j’ai décidé de faire quelque chose, c’est là que j’ai décidé d’agir, et d’user de la force. Et de la violence. De combattre les envahisseurs moi-même”, disait-il.

Dans ce manifeste aussi, l’Australien ferait de nombreuses fois référence à la Turquie et à Erdogan, d’après le président du pays. “Le nombre de fois où il a mentionné la Turquie et moi-même était curieux et mérite une considération plus profonde”, indique-t-il dans sa tribune. Les autorités du pays ont donc mené l’enquête. En retraçant son parcours, elles “ont découvert que Brenton Harrison Tarrant, le prétendu homme armé, s’était rendu en Turquie à deux reprises en 2016 et avait passé du temps dans diverses régions du pays”, affirme le président. D’après lui, l’Australien se serait également rendu au Maroc, en Israël et en Croatie.

Il promet que les services de renseignement et d’application de la loi turcs coopèreront avec la Nouvelle-Zélande et d’autres pays pour continuer à faire toute la lumière sur ce drame et éviter que ces attaques puissent se reproduire. 

“Aucune différence” avec Daech

Recep Tayyip Erdogan a profité de sa tribune pour plaider contre les amalgames qui naissent après tous les attentats. “L’auteur présumé du massacre de Christchurch a tenté de légitimer ses vues tordues en déformant l’histoire du monde et la foi chrétienne (...) En tant que dirigeant qui a insisté à plusieurs reprises sur le fait que le terrorisme n’a pas de religion, de langue ou de race, je rejette catégoriquement toute tentative visant à associer les attaques terroristes de la semaine dernière aux enseignements, à la morale ou aux maximes du christianisme. Au contraire, ce qui s’est passé en Nouvelle-Zélande a été le produit toxique de l’ignorance et de la haine”, écrit-il. 

Le président turc assure qu’il n’y a “absolument aucune différence entre le meurtrier qui a tué des innocents en Nouvelle-Zélande et ceux qui ont perpétré des actes terroristes en Turquie, en France, en Indonésie et ailleurs”. Rappelant qu’après ces attentats, “politiciens et commentateurs occidentaux” ont imputé les attaques à l’islam. Si le monde veut empêcher de futures agressions similaires à celle de la Nouvelle-Zélande, il doit commencer par établir que ce qui s’est passé est le produit d’une campagne de diffamation coordonnée. De plus, nous devons faire la lumière sur tous les aspects de ce qui s’est passé et comprendre parfaitement comment le terroriste s’est radicalisé et ses liens avec des groupes terroristes afin d’empêcher de futures tragédies”, poursuit-il.

Avant d’avoir une pensée pour la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, de qui “tous les dirigeants occidentaux doivent apprendre du courage, du leadership et de la sincérité, à embrasser les musulmans vivant dans leurs pays respectifs”.