MAROC
21/03/2019 16h:12 CET | Actualisé 21/03/2019 16h:24 CET

Le tamazight débarque (bientôt) sur Google Translate

Cinq ans après le lancement d'une pétition en ce sens.

ABDELHAK SENNA via Getty Images

TRADUCTION - Tout vient à point à qui sait attendre. Lancée en 2014 par une association sportive basée en Alsace, en France, mais dont le fondateur, Karim Akachar, est originaire du nord du Maroc et parle couramment berbère, une pétition pour l’intégration du tamazight sur Google Translate a été entendue.

Comme annoncé au HuffPost Maroc par l’initiateur de la pétition - qui compte à ce jour plus de 36.000 signatures - l’équipe Google Translate a contacté mercredi 20 mars son association “La Rando” pour annoncer que le tamazight vient d’être lancé comme langue dans la communauté de traduction pour Google Translate.

Pour l’instant, le tamazight n’apparaît pas encore sur l’outil de traduction du moteur de recherche, mais il est déjà proposé dans l’outil Google Translate Community, qui permet à quiconque de contribuer à l’amélioration des traductions ou d’ajouter des langues supplémentaire.

La communauté n’accepte pour le moment que les traductions de l’anglais vers le tamazight, mais le français devrait bientôt débarquer sur la plateforme, selon Karim Akachar.

Google Translate Community
Capture d'écran de Google Translate Community.

Lorsque la base de traductions sera suffisamment fournie et que l’algorithme de Google aura validé celles-ci, le tamazight sera ensuite disponible directement dans l’outil Google Translate, aux côtés de langues aussi diverses que le chinois, l’arabe, le corse, le gaélique ou le tamoul.

Selon les informations données par Google à l’initiateur de la pétition, le tifinagh (alphabet amazigh) est également disponible sur l’application GBoard, clavier développé par Google pour les appareils iOS et Android.

Pour les Amazighs d’Afrique du Nord, du Sahara et du Sahel mais aussi de la diaspora, c’est une avancée dans la reconnaissance de leur langue, parlée par des dizaines de millions de personnes à travers le monde, même si les disparités entre les différents dialectes berbères ne faciliteront pas forcément la tâche des traducteurs de la communauté Google.

Traces écrites

“Le souci avec le tamazight, c’est que c’est une langue qui s’est transmise oralement pendant des siècles et qui réunit différents dialectes. L’alphabet pris en compte par Google devrait être le tifinagh standard tel qu’on le trouve dans les écrits littéraires”, nous explique Karim Akachar.

Les traductions retenues pourront être nombreuses. Ainsi, pour un mot, Google pourra proposer plusieurs traductions, comme c’est le cas pour d’autres langues. Mais plus la communauté de traducteurs sera importante, plus riche sera le vocabulaire proposé par Google.

“C’est la communauté de traducteurs qui ne cesse de nourrir la langue”, indique l’initiateur de la pétition, précisant avoir lancé celle-ci de manière indépendante, sans appartenir à une mouvement militant amazigh ou une institution de défense de la langue amazighe. ”Étant moi-même d’origine berbère, j’ai pensé qu’il fallait apporter quelque chose à ces populations et laisser des traces écrites de cette langue pour les prochaines générations”, confie-t-il.

En 2016, Facebook avait déjà sauté le pas, trois ans après l’avoir promis, en proposant le clavier tifinagh et le tamazight comme langue d’utilisation du réseau social aux côtés d’une centaine d’autres langues. En 2015, c’est Apple qui rajoutait le tamazight à son système d’exploitation IOS 9. En 2012, Microsoft avait également intégré la langue amazighe dans Windows 8, notamment pour écrire dans des documents Word, Excel et PowerPoint.