TUNISIE
17/04/2019 11h:46 CET

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens menace de porter plainte contre le gouvernement

L’accord-cadre signé entre les deux parties n'a toujours pas été publié au JORT.

NurPhoto via Getty Images

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SJNT) a menacé, mercredi, via son président Néji Bghouri, de porter plainte contre le gouvernement, qui n’a toujours pas publié au journal officiel l’accord-cadre signé entre les deux parties le 09 janvier dernier.

“Ce qui nous surprend, c’est que jusqu’à ce jour, l’accord-cadre n’est toujours pas en application. J’ai eu une réunion avec le chef du gouvernement et d’autres ministres, il y a deux semaines, et il a été convenu de publier cet accord-cadre, qui ne peut être effectif qu’après sa publication au JORT” a déploré le président du SNJT.

“La prochaine étape sera d’envoyer un avertissement au chef du gouvernement et au ministre des Affaires sociales via huissier notaire, et si la publication n’a pas lieu, nous saisirons la justice” a-t-il menacé.

Une convention collective des journalistes tunisiens a été signée le 09 janvier au siège de la présidence du gouvernement, entre le président du SNJT, Néji Bghouri, et le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, en présence des représentants des structures professionnels.

Constituée de 36 clauses, cette convention vise à améliorer la condition de travail du journaliste et à garantir ses droits à l’instar des contrats, du salaire minimum, des congés et des heures de travail.

 

Elle concerne toutes catégories confondues que ce soient des entreprises de presse écrite, électronique, audiovisuelle, les agences de presse, et d’édition publiques ou privées.

L’accord porte, en effet, organisation du secteur de l’information, définit les critères de recrutement dans le secteur et fixe le plafond salarial.

Il définit également les droits matériels et moraux des journalistes, fixe les différentes formes de contrats envisagés avec les établissements médiatiques et organise le travail journalistique.

 

En vertu de cet accord, tout établissement médiatique s’engage à respecter le droit syndical, à éviter toute pression qui risque de compromettre la liberté du journaliste et à définir les modalités de l’action syndicale au sein des établissements médiatiques.

Ces décisions audacieuses ont ainsi poussé, le SNJT à annuler sa grève prévue pour le 14 janvier 2019. 

Le 26 février dernier, le SNJT était déjà monté au créneau déplorant que l’accord-cadre entre le gouvernement et le SNJT qui fait office de “lueur d’espoir” avait été “jeté dans les tiroirs”.

Tourmenté, Néji Bghouri avait alors dénoncé le blocage du processus d’activation de cette convention. Il avait accusé formellement le ministre des Affaires sociales d’avoir confisqué et entravé l’accord entre les deux parties. 

 

Le président du SNJT avait également exprimé son étonnement de voir le gouvernement, en tant que principal signataire de l’accord, manquer à ses promesses. “Le Chef du gouvernement doit assumer ses responsabilités” avait-il lancé lors d’une conférence de presse au sein de laquelle, il était également revenu sur sa crainte de voir le secteur se soumettre aux pressions politiques, dressant un tableau très sombre de la situation médiatique en Tunisie.

 

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