ALGÉRIE
09/01/2019 12h:59 CET

Le Square Port Saïd rénové et dédié aux héros du théâtre algérien

Hamdi Baala
Le public découvre le square Port Saïd rénové, le 8 janvier 2018 à Alger. 

Le square Port Saïd à Alger, fermé depuis février 2017 pour rénovation, a été rouvert mardi 8 janvier au public qui a pu découvrir les bustes à l’effigie de grandes figures du théâtre algérien.

La rénovation du jardin, qui s’étale sur plus de 5 500 m² en face du théâtre national algérien (TNA) et donne sur le port d’Alger et la méditerranée, a coûté 190 millions de dinars.

Baptisé “Port Saïd”, du nom de la ville égyptienne, lors de la visite de Gamal Abdel Nasser en 1963, le square a longtemps été associé aux cambistes du marché noir de la devise. Les autorités locales veulent désormais en faire un lieu de l’art et de la culture.

En plus du kiosque à musique au centre et des espaces verts, les passants verront désormais, aux quatre coins de la place, des bustes en bronze de Azzedine Medjoubi, Abdelkader Alloula, Keltoum et Mohamed Boudia. 

Hamdi Baala

“Il a été assassiné par le Mossad à Paris. Ils lui ont placé une bombe dans la voiture. J’étais à Paris ce jour là”, se souvient un sexagénaire devant la statue de Mohamed Boudia. La plaque mentionne aussi l’engagement de l’homme pour la cause palestinienne et les mouvements de libération à travers le monde, avant sa mort en 1973.

“Il était un opposant à Boumediene, comme nous tous”, ajoute le passant, comme pour compléter sa pensée.

Plus loin, le buste de l’actrice Aïcha Adjouri, connue sous son nom artistique Keltoum, fait face à l’entrée du TNA qu’elle a rejoint en 1947 sous son appellation coloniale “l’Opéra d’Alger”. 

“Keltoum? La chanteuse?”, se demande un jeune passant en découvrant un des grands noms du théâtre algérien. 

Mais si les plaques sous ces deux bustes mentionnent précisément les dates de décès des artistes, ce n’est pas le cas de celles de Abdelkader Alloula et de Azzedine Medjoubi. Leurs disparitions sont attribuées aux “mains de la trahison” (أيادي الغدر).

Hamdi Baala

Une curieuse manière de dire que tous les deux assassinés par des groupes terroristes en 1994 et 1995, alors que d’autres plaques commémoratives dans la capitale évoquent clairement les attentats terroristes. Celle devant le commissariat central au boulevard du Colonnel Amirouche, pour ne citer que celle-ci, mentionne spécifiquement l’attentat kamikaze du 30 janvier 1995.