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20/03/2018 14h:50 CET | Actualisé 20/03/2018 14h:52 CET

Le Solaire en Afrique: L'électricité pour tous!

Une dizaine de chefs d’États africains ont participé le 12 mars au premier sommet de l’Alliance Solaire Internationale

Une dizaine de chefs d’États africains ont participé le 12 mars au premier sommet de l’Alliance Solaire Internationale. Une présence africaine remarquable qui reflète le besoin de ces pays de cette source d’énergie.

Avec un formidable potentiel d’énergie solaire, les pays africains profitent d’une irradiation solaire parfois deux fois plus que l’Allemagne qui dispose d’une puissance photovoltaïque installée de l’ordre de 40 GW, 20 fois plus importante que l’Afrique. Pour rappel, 7 des 10 pays les plus ensoleillés au monde sont africains.

Cependant, à l’heure où l’accès à l’énergie devient une nécessité vitale, la fourniture d’électricité représente un énorme fardeau sur le dos des gouvernements africains. Dans certains endroits ruraux, seulement 10% de la population a accès à l’électricité.

Quelques projets en cours …

Sur le continent noir, seulement quelques pays ont commencé à jouer véritablement sur le solaire. L’Algérie, dont la production est historiquement d’origine fossile, s’est lancée dans le photovoltaïque. 30% à 40% de la production du pays sera d’origine solaire dans les années à venir. La révolution solaire est aussi en marche au Maroc qui s’est engagé à augmenter la part du photovoltaïque à 14% de sa production. Afin d’assurer une bonne gouvernance des projets solaires, le royaume a mis en place une Agence, appelé le “MASEN”, dont la mission est de porter le plan solaire marocain.

Des investissements nécessaires

Afin d’exploiter pleinement le potentiel solaire africain, les pays ont besoin de 30 Milliard de dollars par an. Seuls les investisseurs privés, en coopération avec les acteurs publics, peuvent porter des tels projets dans des pays où la croissance économique est en panne. C’est par exemple grâce à 3 entreprises françaises, la société française d’investissement MERIDIAM, Eiffage et Solaire DIRECT, que le Sénégal est arrivé à inaugurer en Janvier 2018 sa quatrième centrale photovoltaïque dotée d’une puissance de 30 MW. Reste à motiver ces investisseurs préoccupés par l’instabilité économique et politique dans la région.

Une réglementation bloquante

Un environnement réglementaire favorable est également nécessaire afin d’accompagner la pénétration de cette nouvelle énergie sur la scène africaine. Les pays de la région se caractérisent par des cadres institutionnels qui peuvent handicaper certains projets innovants. En 2016, la Commission Nationale de l’Energie du Kenya n’a pas prévu, dans son plan décennal, d’intégrer des centrales photovoltaïques, technologies jugées chères par l’autorité. Donc, de nouveaux paradigmes réglementaires sont nécessaire afin d’encourager ces projets. L’exemption de certaines taxes appliquées aux panneaux photovoltaïques et aux équipements électroniques associés permettrait par exemple de réduire les coûts des projets et motiver les investisseurs.

Des micro-réseaux autonomes …

Connecter les centrales solaires des zones isolées aux réseaux nationaux coûte cher et présente plusieurs difficultés techniques pour lesquels les opérateurs nationaux africains ne se sont pas encore préparés. La solution est alors de créer des micro-réseaux autonomes et hybrides en combinant Solaire et Groupes électrogènes afin de répondre à l’intermittence du photovoltaïque. Cela permettra une fourniture facile d’électricité et un déploiement rapide des nouvelles sources solaires.

En poursuivant de telles préconisations, les pays africains peuvent arriver à fournir rapidement une électricité fiable, rentable et durable à leurs citoyens et à respecter les engagements pris à la COP21 et à l’Alliance Solaire Internationale.

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