31/10/2018 16h:18 CET | Actualisé 31/10/2018 16h:18 CET

Le secteur avicole tire la sonnette d'alarme suite à la grève du transport

La FISA demande aux ministères concernés d'intervenir.

IvonneW via Getty Images

ECONOMIE - Le malheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres. La grève des transporteurs en protestation contre les prix du carburant suscite des inquiétudes auprès des aviculteurs. Le constat de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) au Maroc est sans équivoque.

Dans un communiqué, la fédération tire la sonnette d’alarme quant à ce qu’elle qualifie de “répercussions désastreuses” de cette grève appelant les ministères concernés à intervenir “de toute urgence pour sauver ce qui reste à sauver et prendre les mesures nécessaires qui s’imposent”.

Parmi ces “conséquences désastreuses”, la FISA cite en premier lieu la rupture des stocks d’aliments composés au niveau des élevages avicoles. La situation, pour elle, “est tellement critique que la survie du cheptel avicole s’en trouve sérieusement menacée”. Au problème de nourriture de la volaille s’ajoute celui de la difficulté d’acheminement de celle-ci et des œufs au consommateur. “Les aviculteurs ne peuvent pas stocker leurs productions pour une période prolongée, avec toutes les charges additionnelles et les pertes d’exploitation que cela induit”, prévient la FISA, précisant que “la non livraison des poussins le jour même de l’éclosion correspond à des pertes irréversibles et considérables”.  

Impact logique, la fédération estime que cette situation aura aussi des répercussions sur le pouvoir d’achat du consommateur qui devra faire face à une “hausse artificielle des prix de vente des volailles et des œufs”. Les professionnels se trouvent ainsi contraints de se débrouiller par la voie “de transport atteignant, dans certains cas, le double sur des quantités minimes des intrants (aliments et poussins) que les aviculteurs réussissent à recevoir avec beaucoup de difficulté”. 

Quant aux usines de fabrication d’aliments composés, la situation n’est pas meilleure. Ils sont dans “l’incapacité de maintenir leur activité, pour cause de rupture de leurs stocks de matières premières provenant des ports et des dépôts de leurs fournisseurs”, précise cet organisme professionnel.

Une crise de plus, annonce la FISA affirmant que les aviculteurs “sont déjà affaiblis par les pertes successives induites par les difficultés structurelles et conjoncturelles dont souffre le secteur avicole dans son ensemble”. En conséquence, ces professionnels “ne peuvent honorer leurs engagements financiers à l’égard de leurs fournisseurs”, ajoute-t-elle. Et de présager “l’effondrement du secteur” si la crise n’est pas désamorcée.