TUNISIE
22/11/2018 13h:37 CET | Actualisé 22/11/2018 13h:50 CET

Le secrétaire général de l'UGTT promet l'escalade: "Nous ne baisserons pas les bras"

Il a également vivement critiqué les députés.

Zoubeir Souissi / Reuters

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) Noureddine Taboubi s’est adressé, jeudi, aux centaines de tunisiens présents devant l’Assemblée des représentants du peuple, en marge de la grève générale de la fonction publique, n’excluant pas la possibilité d’aller de l’avant dans le bras de fer qui l’oppose au gouvernement.

“Ce sera l’escalade dans nos revendications. Nous ne baisserons pas les bras” a-t-il affirmé, prévoyant une réunion samedi, de la commission administrative nationale qui prendra d’autres décisions.

 

S’en prenant à la classe politique actuelle, Noureddine Taboubi regrette que la souveraineté du pays n’est pas entre les mains des Tunisiens: “En plus du travail et de la dignité, nous demandons la souveraineté et l’indépendance de nos décisions nationales”.

“Qui dirige la Tunisie aujourd’hui? Honte à nos nouveaux dirigeants, qui laissent la Tunisie être dirigée par ceux qui sont de l’autre côté de la mer. La Tunisie est souveraine, digne” dit-il décrivant une course effrénée entre les politiciens pour “offrir le maximum” aux dirigeants et institutions étrangères.

S’en prenant aux élus du peuple, qui, sans “la révolution et le vote du peuple” n’auraient jamais pu accéder à leurs postes, il apostrophe: “Vous avez été élus par le peuple pour améliorer ses conditions de vie, or vous avez détruit le peuple, vous l’avez appauvri” clame-t-il avant d’ajouter: “Vous avez êtes la cause de la frustration et de la déception chez le peuple, mais celui-ci ne rendra pas les armes face à ces décisions douloureuses” prises par les “adolescents politiques”.

Revenant sur la possible vente d’entreprises publiques, le secrétaire général a affirmé que l’UGTT continuera de militer “pour qu’on ne touche pas aux établissements publics (...) la vente des biens du peuple est une ligne rouge!” a-t-il réaffirmé. 

Selon lui, “l’administration publique est un des plus grands acquis de l’indépendance (...) Soyez en certains, nous allons obtenir nos augmentations, qu’ils le veulent ou non” conclut-il demandant, un plus grand pouvoir d’achat pour les citoyens face à une inflation galopante touchant de plein fouet le niveau de vie des Tunisiens en général et des agents de la fonction publique en particulier: “Que peut-on faire avec un salaire moyen de 650 dinars quand l’inflation grimpe à près de 8%” s’est-il interrogé. 

L’Union Générale Tunisienne du Travail a décrété le 21 septembre dernier une grève générale dans la fonction publique, jeudi 22 novembre. Parmi les revendications du syndicat: L’augmentation salariale mais également la préservation des institutions publiques.

Si dans un premier temps, un taux de participation de 90% a été annoncé, celui-ci a grimpé à 95% aux alentours de midi selon le secrétaire général adjoint de l’UGTT Monôm Amira.

 

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