MAROC
26/07/2018 15h:29 CET

Selon un sondage international, le salaire ne serait pas la principale motivation des Marocains au travail

Le développement des compétences prime.

Luis Alvarez via Getty Images

EMPLOI - La rémunération n’intéresserait pas prioritairement les Marocains au travail, selon une sondage mené par le portail de recrutement marocain Rekrute et les cabinets BCG et The Network, auprès de 360.000 personnes réparties dans 198 pays, dont 6.721 Marocains. Pour la 4ème fois consécutive, le portail et les cabinets dévoilent les résultats de ce qu’ils désignent comme étant la plus grande enquête au monde sur la mobilité internationale et le comportement des travailleurs. 

Concernant le Maroc, les résultats de cette enquête internationale à laquelle ont répondu 6.721 Marocains (97% vivent au Maroc et 3% à l’étranger) concluent que l’évolution de carrière et le développement des compétences sont au coeur des préoccupations liées au monde professionnel. Les sondés, qui comptent 65% d’hommes et 33% de femmes principalement en recherche active d’emploi ou évoluant surtout dans les secteurs de l’industrie, des nouvelles technologies et des télécommunications, sont attentifs quant à leur avenir: ils rechercheraient principalement une sécurité de l’emploi et des postes avec des missions qui offrent l’opportunité de gagner en performance, un enjeu important pour les  Marocains actifs car ils souhaitent surtout élargir leur champ d’opportunités. 

Ainsi de manière générale, les salariés au Maroc ont pour principale préoccupation  le développement des compétences (1ère position) et l’élaboration d’un plan de carrière réussi et le souhait d’atteindre leurs objectifs professionnels (2e position). Si le salaire n’importe pas ou peu puisqu’il ne figure pas dans le top 10 des facteurs principaux de motivation, alors qu’il occupait en 2014 la 8e place du classement, la sécurité de l’emploi, les relations avec le management et les relations avec les collègues figurent respectivement à la 3ème, 4ème et 5ème place, juste avant la santé financière de l’employeur (6e place). L’équilibre vie pro/vie perso, un environnement de travail favorable à l’innovation, les valeurs de l’entreprise et les avantages sociaux proposés sont les autres facteurs de motivation qui clôturent ce top 10. Des données qui tendent à démontrer que les Marocains restent plus préoccupés par le poste en soi et les missions qui lui incombent, que par l’entreprise et son environnement.

Des besoins qui se rapprochent du modèle européen

A titre comparatif, le classement des motivations au Maroc diffère des attentes à l’internationale. Dans une majorité des autres pays interrogés, la culture d’entreprise, contrairement au Maroc, est prioritaire et occupe la première place du classement. En effet, les personnes actives à l’internationale sont davantage intéressées par les relations avec les collègues, l’équilibre vie pro/vie perso et les relations avec le management. Les missions du poste, premières au Maroc figurent à l’internationale, en dernière position.

La rémunération et les indemnités financières, absentes du classement marocain, se retrouvent en dernière position également au niveau international: le package salarial n’est pas la priorité des jeunes cadres aujourd’hui. Les avantages sociaux sont préférés et figurent dans le classement cette année à la 10 ème place, alors qu’on ne les retrouve qu’à la 23ème place au niveau mondial. Les Marocains accordent toujours une grande importance à la couverture sociale et en font même un critère de choix.

En 2015, suite à l’enquête de ReKrute “Les facteurs de motivation des Marocains”, les avantages sociaux représentaient le premier facteur de motivation des marocains. Pour le site de recrutement, il y a eu “une réelle évolution des mentalités en 3 ans”, puisque que ce facteur a cédé sa première place au développement des compétences et à la volonté de travailler dans une entreprise pérenne qui offre une situation stable et favorable. En somme, l’enquête révèle que les motivations des Marocains se rapprochent de plus en plus du modèle européen, qui ont surtout des besoins à satisfaire qui se rapprochent du haut de la pyramide de Maslow.