MAROC
24/09/2018 17h:10 CET

Le RNIste Rachid Talbi Alami s’attire les foudres du PJD

Le numéro 2 du PJD rappelle à l’ordre le RNI.

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PARTIS – Le torchon brûle entre le PJD et le RNI. Après la proposition du
leader PJD Abdelhali Hamidine au RNI de quitter le gouvernement, en août
dernier, le RNI prend sa revanche. Comme un plat qui se mange froid, le parti de
la Colombe a attendu l’occasion propice pour tirer à boulets rouges sur le parti de la Lampe.

Ainsi, ce week-end, lors de l’Université des jeunes indépendants, si Aziz Akhannouch a déclaré l’engagement de son parti de “rester debout” pour continuer son parcours et affronter “les coups”, Rachid Talbi Alami, lui, a été plus virulent. Il a estimé que la victoire du candidat RNI à l’élection partielle de M’Diq, jeudi dernier, représente un message politique. Et dans ce dernier, le
ministre de la Jeunesse et du Sport a critiqué le PJD, dont le candidat était le
principal concurrent de celui du RNI lors de cette élection partielle, annonçant
que “les citoyens ne font confiance qu’au RNI”.

Face aux jeunes militants, et durant une dizaine de minutes, El Alami s’est
adressé à “ceux qui tirent sur le parti et son président” accusant ces derniers, en l’occurrence le PJD, d’avoir entrepris depuis 2010 “un projet politique” visant
”à nuire aux personnes” et ”à remettre en doute” toute les composantes du
pays: le Parlement, les partis, les leaders, les institutions constitutionnelles et
les collectivités territoriales.

Bien plus, El Alami a accusé le PJD “d’être en train de détruire l’économie
nationale” et de manquer de légitimité.

Au lendemain de la diffusion de la vidéo de Talbi Alami sur le site du RNI.ma,
c’est le numéro 2 du PJD, Slimane El Omrani qui réagit en lui adressant une
longue réponse sur sa page Facebook. El Omrani y exprime son indignation,
ainsi que celle du PJD estimant que les déclarations du RNIste ont dépassé “les
limites de la critique”.

Le secrétaire général adjoint y décrit une attaque contre son parti, ses principes
et ses fondements. “Ce sont des positions graves, nuisibles et non acceptables
qui violent de manière flagrante la charte de la majorité dont votre parti est
signataire”, s’indigne El Omrani.

Le PJD rappelle au RNI l’engagement des partis de la majorité, par la voie de la
charte, de “ne pas porter atteinte aux partis qui la composent sans que cela
n’interdise le droit à la critique constructive”. Et d’ajouter que les critiques de
Abdelali Hamidine avait fait l’objet d’une réponse officielle du PJD précisant
que l’avis de ce leader “n’engageait que lui et non les institutions du parti”.

Dans sa réponse, El Omrani se demande si c’est le cas aussi pour le RNI en
s’interrogeant sur la valeur qu’accorde le RNI aux propos de son leader. “Est-ce
un avis personnel ou celui du parti? Il faut être clair”, s’interroge El Omrani
qui, dans sa lettre, s’attarde sur l’accusation de Talbi Alami remettant en
question la légitimité du PJD. Le numéro 2 du PJD retourne l’arme contre son
adversaire: “Auriez-vous oublié que votre parti n’avait pas dépassé à peine les
37 sièges (aux élections de 2011) mais qu’il avait contrôlé on ne sait comment les négociations de la constitution du gouvernement…”.

Et de conclure: “Je dis à M. Alami, il est regrettable que ton message se soit trompé de destinataire”.