MAROC
22/11/2018 16h:54 CET

Le RNI appelle au dialogue après la prolongation de la suspension du conseil de la région Guelmim-Oued Noun

Le RNI regrette la décision de Laftit.

Alexander Demianchuk via Getty Images

RÉGION - Elle peine à se désamorcer. La crise au conseil régional de Guelmim-Oued Noun n’a pas trouvé d’issue. Après la décision du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, de suspendre ce conseil le 16 mai dernier, pour une durée de six mois, il l’a reconduite cette semaine. Une nouvelle décision publiée au Bulletin officiel du 19 novembre et que le ministère justifie par un état des lieux vraisemblablement insurmontable. Il l’estime donc nécessaire “en l’absence de tout signe indiquant que les parties concernées cherchent à dépasser leurs différends et que les raisons ayant motivé cette décision persistent toujours”, indique-t-il dans un communiqué relayé par la MAP.

Faisant suite à un rapport sur une situation chaotique du conseil, le département de Laftit avait pris sa décision, en premier lieu, dans l’espoir que “toutes les composantes du conseil procèdent à une auto-évaluation et s’engagent dans une approche positive nouvelle”. Mais attendant que le travail au sein du conseil de la région se fasse dans un esprit “collectif et solidaire”, Laftit constate que rien n’a changé. Une commission spéciale chargée de gérer les affaires courantes du conseil, nommée depuis avril dernier, poursuivra donc sa mission pendant les six prochains mois. D’ici là, il faudra bien régler la situation, car cette suspension ne pourra pas être renouvelée. 

Ultime chance que le RNI, parti du président du conseil de la région concernée, Abderrahim Bouaida, appelle à saisir. Dans un communiqué publié ce jeudi, le parti de Aziz Akhannouch regrette cette suspension précisant qu’il “aurait souhaité qu’elle ne se poursuive pas quelles qu’en soient les circonstances”. Et d’ajouter: “le parti ambitionnait la fin de cette crise et le retour à la gestion normale du conseil de la région”. 

Ce vœu n’étant pas exaucé, pour le moment, le RNI appelle les parties composant le conseil de la région à “s’asseoir autour de la table du dialogue”. Il leur recommande de mettre de côté leurs différends et de privilégier “l’intérêt suprême d’être au service des habitants locaux et ne pas les priver de leur droit au développement”. 

Une lourde tâche que le RNI semble confier en grande partie à sa coordinatrice régionale, Mbarka Bouaida, qui est également cousine du président Abderrahim Bouaida. Secrétaire d’Etat chargée de la Pêche maritime, elle a entrepris, selon le RNI, plusieurs tentatives visant à mettre en place ce dialogue visiblement difficile au niveau de la région. Et pour cause, la rivalité entre le RNIste Bouaida et l’USFPiste Abdelouahd Belfkih, conseiller municipal depuis la campagne électorale qui a opposé les deux hommes visant le siège de la présidence du conseil de la région.

Une rivalité qui a atteint son paroxysme à la session du conseil de la région programmé le 5 avril dernier. A l’occasion, les points à l’ordre du jour ont laissé place à la confrontation entre les deux hommes qui semblent ne plus pouvoir mener une mission commune.

Sur cette situation, Abderrahim Bouaida a déclaré sur sa page Facebook officielle qu’il n’est pas prêt à jeter l’éponge. Pour lui, la crise au sein du conseil de la région qu’il préside a pour origine de l’évincer et à dissoudre le conseil. Ce qui, pour lui, impose le recours à la justice pour trancher. Ayant conscience des attentes des habitants et de la paralysie qui frappe les projets de développement, il précise que la région “est en tête en matière de chômage, de nombre de personnes à besoins spécifiques, de contrebande... et bientôt des régions n’ayant plus besoin à l’avenir des élections”.