ALGÉRIE
06/11/2018 13h:22 CET | Actualisé 06/11/2018 13h:32 CET

Le RND défend Ouyahia des critiques de son "subordonné" Tayeb Louh

Le RND défend Ouyahia après l'attaque de Louh. Les motivations de la sortie de ce dernier restent floues.

Horacio Villalobos - Corbis via Getty Images

Après le surprenant tacle de Tayeb Louh, la réponse. Un communiqué du RND a défendu mardi 6 novembre son secrétaire général Ahmed Ouyahia des critiques du ministre de la Justice, censé être le “subordonné” du Premier ministre.

Le garde des sceaux avait subtilement attaqué son “supérieur” Ahmed Ouyahia la veille, qualifiant d”‘arbitraire” l’emprisonnement des cadres et des responsables d’entreprises publiques entre 1995 et 1996 alors que le Premier ministre actuel était aux commandes du gouvernement de l’époque. 

Le document du deuxième parti au pouvoir défend “le secrétaire général du RND Ahmed Ouyahia” face aux “voix qui se sont élevées” pour le critiquer sur le dossier “vide” des cadres de l’Etat emprisonnés durant les années 90.

Sans s’étaler sur les motivations évoquées, le communiqué atteste que “personne n’ignore les intentions” des déclarations de Tayeb Louh. La sortie inattendue du ministre de la justice a fait la Une de la presse mardi, suscitant de nombreuses interrogations sur les “intentions” dont parle le RND. 

Dire qu’Ahmed Ouyahia était derrière les emprisonnements des cadres de l’Etat durant les années 90 relève des “accusations sans fondement” et de la “calomnie”. Le RND argumente que le Premier ministre n’était pas responsable du secteur de la justice à l’époque et que lui faire porter le chapeau de ces arrestations est “une atteinte à l’éthique de juges respectables et indépendants”. 

Pour mieux défendre le Premier ministre, le communiqué du RND ajoute que, lorsque Ahmed Ouyahia est devenu ministre de la Justice en décembre 1999, il a introduit deux mesures pour “renforcer l’indépendance de la justice”. Il s’agit d’une circulaire au printemps 2000 interdisant “l’intervention du ministère dans le travail des instances judiciaires” et empêchant ces dernières de “demander des orientations de la part du ministère” dans le cadre de leurs missions. 

Cette circulaire a eu pour résultat, toujours selon le parti d’Ouyahia, des poursuites à l’encontre de certains cadres du ministère de la Justice, dont certains ont perdu leurs postes.

La deuxième mesure évoquée dans le communiqué est l’amendement du code de procédures pénales pour interdire la poursuite des cadres dirigeants sans une plainte officielle de l’entreprise concernée. 

Cet article, conclut le document, a été retiré par la suite, avant d’être rétabli en 2016 “grâce à l’initiative du président Abdelaziz Bouteflika”. 

Le document n’a pas évoqué l’autre pique de M. Louh à l’encontre du Premier ministre, à savoir la volonté de ce dernier d’introduire des taxes sur les documents biométriques dans la loi de finances 2018, une mesure finalement retirée.