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14/05/2019 13h:26 CET | Actualisé 14/05/2019 13h:26 CET

Le retour des Tunisiens résidents en France durant les vacances d'été

Je me suis mis dans la peau d’une famille moyenne tunisienne habitant la région parisienne et qui souhaiterait prendre ses billets avec quelques mois d’avance.

Nicolas Fauqué via Getty Images

L’été en Tunisie sonne souvent comme l’afflux de nos compatriotes résidents à l’étranger.

La plupart des familles tunisiennes ayant au moins un membre à l’étranger, cette saison est attendue dans un sentiment mêlé de joie et d’impatience. Malheureusement, depuis quelques années une bonne partie de la communauté tunisienne résidant en France, constituée de personnes à la retraite ou au chômage, membres de familles nombreuses, disposant de faibles ressources et vivant dans la difficulté, avec des fins de mois difficiles, est privée de son pays et ne peut se permettre de rentrer durant les vacances d’été pour notamment gérer son patrimoine au pays, fruit d’années d’investissement, de sacrifice et très souvent au détriment de l’achat d’un logement en France, pour maintenir et renforcer les liens familiaux, et surtout, pour garantir la continuité entre les générations et permettre aux plus jeunes d’entre eux de garder des attaches fortes avec le pays de leurs parents. Cela est dû aux prix pratiqués par Tunisair et la CTN.

La diaspora tunisienne, de par ses envois d’argent qui s’élèvent à environ 2 milliards de dollars, contribue significativement à l’économie de la Tunisie devant le tourisme, et d’autres secteurs. La diaspora tunisienne contribue pour environ 5% du PIB de la Tunisie.

Cette diaspora dépense énormément aussi sur place pour la location de la voiture, les sorties à la plage, les sorties nocturnes, la consommation alimentaire, les cadeaux pour la famille, la construction de leur maison, l’aide financière aux parents et autres membres de la famille, elle participe aussi au maintien des petits commerces (primeurs, boulangers, bouchers, poissonniers, épiciers, …) et des artisans (électriciens, plombiers, maçons, peintres, menuisiers, monteurs de climatiseurs, …) dans les petits villages et petites villes loin des zones touristiques.

Ces dépenses s’élèvent souvent aux environs de 7000 euros pour une famille moyenne pour chacun des voyages sans compter le prix du voyage. Cela représente souvent l’épargne de deux ans au prix de sacrifices énormes pour pouvoir assumer ces vacances au pays.

Pour étayer mes propos, je me suis mis dans la peau d’une famille moyenne tunisienne habitant la région parisienne et qui souhaiterait prendre ses billets avec quelques mois d’avance.

Ma simulation porte sur une famille de cinq personnes comportant: les deux parents, deux jeunes mineurs et un enfant de moins de onze ans. Cette famille souhaiterait partir pour une durée d’environ un mois durant le mois d’août avec la volonté de passer l’Aid El Kebir en famille.

Le prix s’envole à 3400 euros pour les billets d’avion, et si on effectue la même simulation pour une traversée en ferry le prix est de 2550 euros et à cela s’ajoute entre 1000 et 1500 de frais additionnels (essence, péage, repas sur les aires d’autoroutes, repas dans le ferry, chambre d’hôtel, ...)

De plus, pour une grande partie de la diaspora qui est originaire du Sud de la Tunisie, s’ajoute une traversée longue et épuisante de Tunis vers Djerba, Zarzis, Tataouine car il n’y a pas de traversée depuis les ports de Marseille et Gênes vers le port de Zarzis durant les mois d’été Juillet et Août. Malgré la mobilisation des associations des tunisiens de France pour l’obtention de ces traversées, seules des traversées début juin et fin septembre sont programmées.

Ce patriotisme des tunisiens résidents à l’étranger est remarquable, et des mesures doivent être trouvées pour permettre à nos compatriotes de pouvoir rentrer, de contribuer à l’économie du pays de manière non substantielle, tout en trouvant aussi les solutions nécessaires à la réforme de Tunisair et pour l’augmentation des traversées de la CTN vers les ports du Sud (Sfax, Zarzis) pour qu’elles puissent assurer dans des conditions raisonnables l’acheminement des tunisiens résidents à l’étranger (desserte de Sfax, Tabarka et Tozeur de manière régulière) et des touristes qui visitent notre belle Tunisie.

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