ALGÉRIE
15/08/2019 11h:27 CET

Le recul, relatif, de la valeur de l’euro, un effet de la campagne anti-corruption?

Louise LeGresley via Getty Images

L’euro se vendait mercredi à 190 dinars sur le marché parallèle du square Port Saïd, à Alger, confirmant une tendance à la baisse. La vague d’emprisonnement des hommes d’affaires l’explique-t-elle?

Dans un passage tonitruant sur Radio M au sujet du marché parallèle de la devise, l’économiste Ferhat Aït Ali mettait en cause directement la responsabilité de l’Etat Algérien. “Quand 99% des Algériens on droit à 100 euros au taux et 1% des Algériens ont droit à un milliard d’euros au taux. Cela a qui l’Etat donne un milliard sur des combines, c’est celui-là qui tourne au Square Port Saïd et l’Etat lui a même fourni les clients, nous”. 

Avec humour, il relevait que les responsables Algériens disent que ce marché parallèle “allège la banque centrale”. Il rappelle que le mot “alléger quelqu’un de sa bourse, c’est le délester. Les euros ne sont pas imprimés par les vendeurs du Square, ils sortent de la banque centrale.

La banque centrale est allégée “en catimini” par une clique au lieu de l’être collectivement par les Algériens, la banque est allégée par la surfacturation. Le square n’est pas alimenté par le saint esprit, il est alimenté d’une manière ou d’une autre par la Banque centrale”. 

La vague d’arrestation touchant les hommes d’affaires explique-t-elle ce petit reflux de la valeur des devises? Un membre de la commission des finances à l’APN, Houari Teghrissi l’affirme: la demande en euro et en dollar a reculé à la suite de la vague d’arrestation et des enquêtes pour corruption et qui sont, selon lui, les principaux clients du marché parallèle des devises.

Le parlementaire indique également que l’activité économique a reculé en moyenne de 60%. Il assure que la baisse de la demande en devises est du même niveau, soit 60%. Selon lui, les restrictions aux importations ont également réduit la demande de la part des importateurs.

Ces derniers, affirme-t-il, pouvaient passer des commandes d’un million d’euros, ce qui provoquait des hausses subites sur le marché.