ALGÉRIE
18/04/2019 10h:25 CET | Actualisé 18/04/2019 10h:52 CET

Le recteur de la faculté de droit n'a fait appel à aucun service de sécurité

L’intervention d’un corps de sécurité, non identifié, à l’intérieur de la faculté de droit de Saïd Hamdine, mercredi 17 avril 2019, semble bien être une violation de la franchise universitaire. Le rectorat a affirmé, dans un communiqué publié hier soir, n’avoir réquisitionné ou autorisé aucun quelconque service de sécurité à entrer dans l’université.

Des éléments d’un corps de sécurité non identifié ont fait irruption hier à la faculté de droit de Saïd Hamdine à Alger. Des étudiants se réunissaient avec leurs enseignants à propos de la suite du mouvement en cours lorsque ces éléments se sont présentés et leur ont subtilisés des documents, dont une liste portant les noms des participants à la grève.

Sur les réseaux sociaux, les étudiants ont identifié ce corps comme étant la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Toutefois, les véhicules et les uniformes des individus, filmés par des étudiants, n’étaient marqués par aucun logo. Des journalistes ont affirmé qu’il s’agissait plutôt d’un corps de sécurité affilié au Ministère de la Défense (MDN).

Le doyen de la faculté, M. Imad Eddine Ouadi, s’il n’en dit pas plus sur les vagues circonstances de cette intervention, confirme néanmoins qu’il s’agit d’une violation de la franchise universitaire.

Dans un communiqué daté de mercredi, il a affirmé que le rectorat “n’a appelé ni autorisé” un quelconque service de sécurité ”à s’introduire à l’intérieur de l’université”.

Il a appelé les “parties compétentes à prendre les mesures légales nécessaires”.

Hier, plusieurs associations et partis politiques accusaient déjà ce corps de sécurité, qu’ils ont identifié comme étant la BRI, de violer la franchise universitaire et de tenter de “traumatiser les étudiants”.

La DGSN, le MDN ou la Présidence n’ont aucunement communiqué sur ces faits. Le ministère de la Justice ou le tribunal territorialement compétent non plus.

Cette “entrée par effraction” à la faculté de droit intervient à peine une semaine après avoir la répression de la marche pacifique du précédent vendredi, où les forces de l’ordre ont usé du gaz lacrymogène contre des milliers de manifestants rassemblés à la Place Audin, avant que le Tunnel des Facultés et des manifestants qui s’y trouvaient ne soient victime d’autres tirs de gaz. 

A peine 24H plus tard, la police a obligé des citoyennes, des militantes arrêtées samedi à la Grande-Poste, à se déshabiller dans un commissariat à Baraki pour subir des fouilles.